Une opération militaire conjointe des États-Unis et d'Israël a visé l'Iran ce samedi, provoquant une escalade immédiate des tensions au Moyen-Orient. Téhéran a riposté par des tirs de missiles sur plusieurs pays du Golfe et sur Israël, tandis que la communauté internationale appelle à une désescalade urgente pour éviter un conflit régional généralisé.
Points Clés
- Les États-Unis et Israël ont lancé des "opérations de combat majeures" contre l'Iran.
- Le Croissant-Rouge iranien rapporte un bilan provisoire de plus de 200 morts et 700 blessés.
- L'Iran a répliqué en tirant des missiles sur des bases américaines dans le Golfe et sur le territoire israélien.
- Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence pour discuter de la crise.
Une offensive coordonnée contre Téhéran
Samedi, le président américain Donald Trump a annoncé le lancement d'"opérations de combat majeures" contre l'Iran, menées en coordination avec Israël. Dans un message vidéo, il a précisé que les objectifs étaient de "détruire leurs missiles et raser leur industrie de missiles" afin d'empêcher le pays d'obtenir l'arme nucléaire.
Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a qualifié l'opération de "décisive et sans précédent", visant à "démanteler les capacités du régime terroriste iranien". Selon l'armée israélienne, cette offensive, baptisée "Lion rugissant", a été planifiée pendant plusieurs mois en étroite collaboration avec les forces américaines et a ciblé des dizaines d'objectifs militaires stratégiques, notamment un système de défense anti-aérienne près de Kermanshah.
Un contexte de tensions croissantes
Cette attaque intervient après des semaines de rhétorique belliqueuse et d'importants déploiements militaires américains dans le Golfe. Des pourparlers indirects entre émissaires américains et iraniens s'étaient tenus à Genève jeudi, mais n'ont visiblement pas permis d'apaiser la situation. Le président Trump a affirmé que Téhéran avait "rejeté toutes les occasions" de renoncer à son programme nucléaire.
Bilan humain et riposte iranienne
Les frappes ont eu des conséquences humaines immédiates. Le Croissant-Rouge iranien a publié un premier bilan faisant état d'au moins 201 morts et 747 blessés dans 24 des 31 provinces du pays. Une frappe sur une école de filles à Minab, dans le sud de l'Iran, aurait fait à elle seule au moins 85 morts, un acte qualifié de "barbare" par le président iranien Massoud Pezeshkian.
La réponse de l'Iran ne s'est pas fait attendre. Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du pays, ont annoncé avoir lancé plusieurs vagues de missiles balistiques. Des explosions et des interceptions par les systèmes de défense antiaérienne ont été rapportées à Jérusalem, mais aussi dans plusieurs capitales du Golfe, notamment Doha, Manama, Riyad et Abou Dhabi. Le Qatar et les Émirats arabes unis ont confirmé avoir intercepté des projectiles.
Le détroit d'Ormuz menacé
La Force navale de l'Union européenne a rapporté que les Gardiens de la Révolution iraniens ont averti par radio les navires circulant dans le détroit d'Ormuz que le passage n'était plus "autorisé". Bien qu'aucune fermeture officielle n'ait été décrétée, cette artère vitale pour le commerce mondial de pétrole est considérée comme "de facto fermée", poussant plusieurs compagnies à suspendre leurs expéditions.
La région en état d'alerte maximale
L'escalade a mis tout le Moyen-Orient sous tension. La Jordanie a affirmé avoir intercepté 13 missiles balistiques. En Irak, une base abritant un groupe pro-iranien a été bombardée, faisant au moins deux morts. Des explosions ont également été signalées à Dubaï et au Koweït, où un drone a frappé l'aéroport international.
Face à l'instabilité croissante, de nombreux pays ont pris des mesures d'urgence. Les États-Unis ont appelé leurs ressortissants à quitter le Liban. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, Lufthansa et Norwegian, ont annulé leurs vols vers la région. En Iran, les autorités ont fermé toutes les universités et ont même conseillé aux habitants de Téhéran de quitter la capitale.
"L'escalade en cours est dangereuse pour tous. Elle doit cesser", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X, appelant à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.
Appels internationaux à la retenue
Les réactions internationales ont été quasi unanimes pour appeler à la désescalade. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a condamné "l'escalade militaire" et a appelé à "l'arrêt immédiat des hostilités". L'Union européenne a qualifié la situation de "périlleuse" et a commencé à retirer son personnel non essentiel de la région.
La Chine, la Turquie et l'Allemagne ont également exhorté toutes les parties à la retenue. Le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé l'Iran à cesser "immédiatement" ses frappes. En France, le ministre de l'Intérieur a demandé la "mise en vigilance" des forces de l'ordre, notamment autour des représentations diplomatiques.
Seul le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué les frappes, y voyant "une chance de se débarrasser d'un régime terroriste" qu'il accuse de soutenir l'effort de guerre russe. Alors que le Conseil de sécurité de l'ONU se prépare à une réunion de crise, l'avenir de la région reste suspendu à la capacité des acteurs impliqués à trouver une issue diplomatique à ce qui pourrait devenir un conflit dévastateur.





