À l'approche des élections municipales, l'ancien maire de Nice, Jacques Peyrat, a vivement réagi aux déclarations de son successeur, Christian Estrosi. Dans un communiqué, il conteste l'idée d'avoir laissé une ville en « champ de ruines » en 2008, défendant son bilan sur la sécurité, les finances et les infrastructures.
Cette prise de parole relance le débat sur l'héritage politique et la gestion de la ville au cours des dernières décennies, dans un contexte de campagne électorale déjà tendue.
Points Clés
- L'ancien maire Jacques Peyrat (1995-2008) réfute les critiques de Christian Estrosi sur sa gestion.
- Il qualifie les affirmations de son successeur de « mensongères » et « électoralistes ».
- Peyrat revendique la paternité de projets clés comme la première ligne de tramway et la police de proximité.
- Le camp Estrosi, par la voix d'Anthony Borré, maintient que la ville manquait d'infrastructures et d'une gestion financière saine avant 2008.
- Cette passe d'armes intervient dans le cadre de la campagne pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2026.
Une réaction aux propos du débat municipal
La controverse a éclaté suite au débat télévisé organisé le 7 mars 2026, qui réunissait les principaux candidats aux élections municipales de Nice. Durant cet échange, le maire actuel, Christian Estrosi, a évoqué l'état dans lequel il aurait trouvé la ville à son arrivée au pouvoir en 2008.
Ces propos ont provoqué une réponse ferme de son prédécesseur, Jacques Peyrat. Par le biais d'un communiqué diffusé par son micro-parti, L'Entente républicaine, l'ancien maire a qualifié les déclarations de Christian Estrosi d'« affirmations éhontées et mensongères ».
Bien qu'il ne cite pas directement le scrutin à venir, Jacques Peyrat estime que ces critiques sont de nature « électoraliste », visant à dévaloriser son héritage pour mettre en avant le bilan de l'actuelle municipalité.
La défense d'un bilan de treize ans
Jacques Peyrat a tenu à rectifier plusieurs points concernant sa gestion de la ville de 1995 à 2008. Il a détaillé les réalisations de ses mandats, affirmant avoir laissé une situation saine et des projets structurants en cours.
Sécurité et Proximité
Sur le plan de la sécurité, un thème central à Nice, Jacques Peyrat affirme avoir considérablement renforcé les moyens de la police municipale. Il met en avant des chiffres précis pour appuyer ses dires.
La sécurité sous le mandat Peyrat
Selon le communiqué de l'ancien maire, entre 1995 et 2008, les effectifs de la police municipale ont été multipliés par deux. Le nombre de caméras de vidéoprotection et de postes de police de quartier aurait également doublé durant cette période. Il revendique une division par deux des chiffres de la délinquance à Nice au cours de ses treize années de mandat.
Il revendique également la création des « adjoints de Territoires », une mesure visant à décentraliser la gestion quotidienne et à renforcer la proximité avec les habitants, une politique que son successeur aurait, selon lui, simplement poursuivie.
Infrastructures et transports
L'un des principaux points de friction concerne les grands projets d'infrastructure. Jacques Peyrat conteste l'idée que Christian Estrosi soit le seul bâtisseur de la Nice moderne. Il rappelle avoir été à l'origine de la création de la première ligne de tramway, un projet majeur qui a transformé la mobilité dans la ville.
« Christian Estrosi s’est contenté de poursuivre l’œuvre entamée par son prédécesseur, qui a créé la première ligne de tramway. »
Cette affirmation suggère que les projets actuels s'inscrivent dans une continuité plutôt qu'une rupture avec les politiques menées avant 2008.
Gestion financière
L'ancien maire se défend également sur le plan financier. Il assure avoir laissé en mars 2008 « une situation financière et budgétaire assainie », contredisant ainsi l'image d'une ville en difficulté budgétaire à la fin de son mandat.
La réponse du camp Estrosi
Face à cette sortie médiatique, l'équipe de Christian Estrosi n'a pas tardé à réagir. C'est Anthony Borré, premier adjoint et directeur de campagne du maire sortant, qui a répondu publiquement.
Interrogé le 9 mars 2026, il a exprimé son « respect pour Jacques Peyrat comme pour tous les maires qui l’ont précédé », mais a fermement défendu le bilan de l'actuelle majorité.
Le contexte politique actuel
Cette polémique par voie de presse s'inscrit dans un climat électoral particulièrement tendu à Nice. La campagne est marquée par une vive concurrence, notamment entre Christian Estrosi et son rival Éric Ciotti. Dans ce contexte, la défense des bilans respectifs devient un enjeu majeur pour convaincre les électeurs. La prise de parole de Jacques Peyrat, figure politique historique de la ville, ajoute une dimension supplémentaire à ce débat sur l'héritage et la vision pour l'avenir de Nice.
Selon Anthony Borré, « le bilan de Christian Estrosi est réel ». Il a affirmé que « la ville de Nice manquait d’infrastructures importantes » et d'« une gestion financière saine » avant l'arrivée de son équipe en 2008, maintenant ainsi la ligne directrice critiquée par Jacques Peyrat.
Un soutien discret à Éric Ciotti ?
Bien que Jacques Peyrat n'ait donné aucune consigne de vote explicite dans son communiqué, certains observateurs y voient un soutien implicite à un autre candidat.
La présence de son fidèle soutien, Maître Hervé de Surville, sur la liste d'Éric Ciotti, est perçue comme un indice significatif. Cette passe d'armes entre l'ancien et l'actuel maire pourrait donc avoir des répercussions sur la dynamique de la campagne, en ravivant des débats sur le passé pour éclairer les choix futurs des Niçois.
Le débat sur qui a le plus contribué à façonner la Nice d'aujourd'hui est donc loin d'être clos. Il illustre les tensions politiques profondes qui animent la ville à l'approche d'une élection municipale décisive.





