Ce samedi matin, une dizaine de militants de l'Alliance écologique et sociale 06 ont mené une action symbolique à Nice en déployant deux grandes banderoles sur la façade du palais des sports Jean-Bouin. L'opération visait à exprimer leur opposition à l'organisation des épreuves des Jeux Olympiques d'hiver de 2030 dans la capitale azuréenne, dénonçant un projet jugé trop coûteux et antidémocratique.
Points Clés
- Une action de protestation a eu lieu au palais des sports Jean-Bouin à Nice contre les JO d'hiver 2030.
- L'Alliance écologique et sociale 06 dénonce le coût des infrastructures, estimé à près de 300 millions d'euros pour le seul pôle glace.
- Les militants réclament un débat public sur l'utilisation des fonds publics et la pérennité des installations.
- Le projet des JO 2030 est au cœur des débats politiques locaux, notamment dans le cadre des élections municipales.
Une action visible pour un message clair
Aux alentours de 11 heures ce samedi 21 février, la routine matinale près de la voie Mathis a été brièvement interrompue. Des membres de l'Alliance écologique et sociale 06, un collectif regroupant syndicats et associations écologistes des Alpes-Maritimes, ont pris position sur le palais des sports Jean-Bouin. En quelques minutes, ils ont déroulé deux banderoles portant des messages sans équivoque : « Non aux JO 30 en France » et « antidémocratiques et trop coûteux pour nous et pour l’environnement ».
L'opération, bien que rapide, a été conçue pour attirer l'attention sur un sujet qui divise de plus en plus l'opinion publique et la classe politique locale. Le choix du lieu n'est pas anodin, Nice devant accueillir les épreuves de patinage pour l'événement mondial.
Qui est l'Alliance écologique et sociale 06 ?
Ce collectif est une union de plusieurs organisations des Alpes-Maritimes. Il rassemble des associations de défense de l'environnement, des groupes altermondialistes et des syndicats. Leur objectif commun est de promouvoir des politiques plus justes sur les plans social et écologique, en s'opposant notamment aux grands projets jugés néfastes pour le territoire et ses habitants.
Le coût financier au cœur des préoccupations
La principale critique formulée par les opposants concerne l'aspect financier du projet. Camille Sautel, militante de l'Alliance, exprime une préoccupation partagée par de nombreux citoyens : l'absence de consultation publique sur des dépenses aussi importantes.
« On n’a jamais demandé l’avis des citoyens sur le coût de ces JO. On est consterné par le coût des infrastructures du pôle glace de Nice, qui atteindra au total près de 300 millions d’euros. »
Au-delà de l'investissement initial, les militants s'inquiètent des coûts de fonctionnement à long terme des futures installations. La construction d'une nouvelle patinoire dans la plaine du Var, une zone déjà fortement urbanisée, est particulièrement ciblée.
Des alternatives proposées
Les opposants ne se contentent pas de critiquer ; ils suggèrent également des solutions alternatives. Selon eux, l'utilisation d'infrastructures existantes serait une option plus raisonnable et économique.
Parmi les alternatives évoquées figurent la patinoire olympique de Marseille ou encore celle de Pralognan-la-Vanoise, construite pour les Jeux d'Albertville en 1992. Ces options permettraient, selon les militants, d'éviter la construction d'un nouvel équipement coûteux sur des terres agricoles précieuses.
« Plutôt que d’installer une patinoire à près de 200 millions d’euros dans la plaine du Var, l’une des plaines les plus fertiles d’Europe, il y a d’autres solutions », insiste Camille Sautel. Le collectif ne se dit pas opposé au principe des Jeux Olympiques, mais réclame un débat transparent sur les investissements, leur pertinence et leur durabilité.
Un enjeu majeur pour les élections municipales
La question des Jeux Olympiques de 2030 s'est imposée comme un thème central de la campagne pour les élections municipales à Nice. Les différentes listes en lice affichent des positions très divergentes sur le sujet, illustrant les profondes divisions qu'il suscite.
Le maire sortant, Christian Estrosi, est un fervent défenseur du projet et porte la construction d'une nouvelle patinoire dans la plaine du Var. Son principal opposant, le député Éric Ciotti, bien que favorable à l'événement, propose un plan alternatif. Il suggère de rénover le palais des sports Jean-Bouin et d'utiliser le palais des expositions, tout en s'opposant à la transformation temporaire de l'Allianz Riviera pour ne pas pénaliser le club de football de l'OGC Nice.
À gauche, l'opposition est plus radicale. Les listes « Unis pour Nice » et « Nice Front Populaire » se positionnent fermement contre la tenue des épreuves à Nice, arguant que l'événement est trop coûteux pour les finances publiques. Juliette Chesnel-Le Roux a même déposé un recours contre le prix de vente de certaines parcelles destinées aux ouvrages olympiques.
- Christian Estrosi (Horizons) : Favorable à une nouvelle patinoire dans la plaine du Var.
- Éric Ciotti (UDR) : Favorable aux JO mais avec un plan alternatif (rénovation de Jean-Bouin).
- Juliette Chesnel-Le Roux (Unis pour Nice) : Opposition totale pour des raisons financières.
- Mireille Damiano (Nice Front Populaire) : Opposition totale, jugeant le projet trop cher.
Ces divergences politiques montrent que le débat est loin d'être clos. L'action menée ce samedi par l'Alliance écologique et sociale 06 vient rappeler que la société civile entend bien peser sur les décisions à venir, transformant la candidature olympique en un véritable référendum sur la vision du futur pour Nice et sa métropole.





