À l'approche des élections municipales de 2026, le conseiller municipal écologiste Jean-Christophe Picard confirme sa candidature sur la liste de gauche menée par Juliette Chesnel-Le Roux. Actif dans l'opposition, il dresse un bilan critique de la gestion actuelle de la ville de Nice, abordant des thèmes comme l'éthique, les finances publiques et l'écologie.
Connu pour ses interventions au conseil municipal et ses actions en justice, il se positionne comme une figure centrale de l'alternative politique à la majorité en place, excluant toute alliance avec les forces de droite au second tour.
Les points clés
- Jean-Christophe Picard sera le premier homme sur la liste de gauche "Unis pour Nice" menée par Juliette Chesnel-Le Roux pour les municipales de 2026.
- Il revendique avoir saisi la justice à 23 reprises depuis 2020, dont 13 signalements ont conduit à des enquêtes de police.
- Il critique la santé financière de la ville, l'attribuant à une forte augmentation de la taxe foncière (+19,20 % en 2024) plutôt qu'à une gestion efficace.
- Il exclut tout retrait de sa liste au second tour pour faire barrage à Éric Ciotti, qualifiant ce dernier et Christian Estrosi de "clones".
- Il juge la politique écologique de la municipalité comme étant principalement de la communication, pointant du doigt le nombre de pistes cyclables et l'agrandissement de l'aéroport.
Une candidature confirmée pour 2026
Le paysage politique niçois pour les élections municipales de 2026 se précise. Jean-Christophe Picard, élu écologiste, a officiellement annoncé qu'il figurerait sur la liste "Unis pour Nice". Il occupera la position de premier homme aux côtés de la tête de liste, Juliette Chesnel-Le Roux.
Cette annonce met fin aux spéculations sur son rôle futur et le positionne comme un acteur majeur de la campagne à venir. "Les écologistes m'ont désigné comme premier homme de la liste. Je serai donc candidat à ses côtés", a-t-il déclaré, confirmant son engagement dans un projet collectif pour la gauche niçoise.
Stratégie électorale et alliances
Interrogé sur les possibles alliances au second tour, notamment avec La France Insoumise, Jean-Christophe Picard se montre ouvert. "Je ne serai pas mal à l'aise si un accord de projet existe", a-t-il précisé, laissant la porte ouverte à une union des forces de gauche après le premier scrutin.
Cependant, il adopte une ligne ferme concernant un éventuel "front républicain". Face à une hypothétique présence d'Éric Ciotti en tête au premier tour, il écarte catégoriquement un retrait de sa liste. "En aucun cas. Juliette l'a dit, je le redis : pas de retrait", affirme-t-il. Pour lui, il n'existe pas de différence fondamentale entre les deux principales figures de la droite locale.
Pour nous, Christian Estrosi et Éric Ciotti sont des clones. Ils ont gouverné ensemble, ils n’ont aucune conviction stable. Nous ne choisirons pas entre le calife et le vizir !
L'éthique et la justice au cœur de son mandat
Le conseiller municipal a fait de la transparence et de l'éthique en politique l'un de ses principaux chevaux de bataille. Depuis le début de son mandat en 2020, il affirme avoir saisi le procureur de la République à 23 reprises pour des faits qu'il jugeait potentiellement répréhensibles.
Sur les 23 signalements effectués par Jean-Christophe Picard sur la base de l'article 40 du code de procédure pénale, 13 ont donné lieu à l'ouverture d'enquêtes de police. Cet article impose à tout fonctionnaire de signaler à la justice les crimes ou délits dont il a connaissance.
Face aux critiques l'accusant de faire de la "politique par la dénonciation", il se défend en rappelant qu'il s'agit d'une obligation légale pour un élu. "Le scandale, ce n’est pas que je le fasse, c’est que certains élus, ailleurs ou ici, ne le fassent pas", rétorque-t-il.
Il se montre également très critique envers les dispositifs mis en place par la municipalité, comme le comité d'éthique, dont il a démissionné, le jugeant inefficace. "La charte prudentielle mise en place à Nice et à la Métropole ne sert à rien. Le déontologue refuse d’examiner certains comportements peut-être problématiques", déplore-t-il.
Une analyse sévère des finances de la ville
La gestion financière de Nice est un autre point de friction majeur pour l'élu écologiste. Il conteste l'interprétation positive faite par la majorité du rapport du cabinet Klopfer, qui évalue la capacité de désendettement de la ville.
Selon lui, ce rapport est utilisé comme un "outil électoral" et ne reflète pas la réalité de la situation. Il soutient que la bonne capacité de remboursement de la dette est principalement due à une forte pression fiscale sur les Niçois.
Une pression fiscale en hausse
Jean-Christophe Picard souligne que la capacité de désendettement est mathématiquement améliorée par l'augmentation de la taxe foncière de +19,20 % en 2024. Il met également en avant des points du rapport Klopfer qui, selon lui, sont moins mis en lumière par la majorité :
- Un taux d'endettement de Nice à 80 %, contre une moyenne de 70 % pour les villes comparables.
- Des dépenses d'investissement inférieures à la moyenne des grandes villes.
Sa conclusion est sans appel : "On paie plus, on investit moins. La gestion n’est pas vertueuse. Elle est juste fortement taxée."
L'écologie, une priorité jugée négligée
En tant qu'élu écologiste, Jean-Christophe Picard porte un regard particulièrement critique sur les politiques environnementales menées à Nice, qu'il qualifie de "storytelling". Il remet en question les chiffres avancés par la municipalité, notamment sur le développement des infrastructures cyclables.
"On nous promettait 160 km de pistes cyclables, Estrosi en revendique soixante-dix, « Nice à Vélo » en compte trente-huit", détaille-t-il pour illustrer ce qu'il perçoit comme un décalage entre les annonces et les réalisations concrètes.
Il critique également des projets emblématiques comme l'extension de la Promenade du Paillon, qui a nécessité la démolition du Théâtre National de Nice et du palais des congrès Acropolis. "Ce n’est pas écologique de détruire un théâtre avant d’en reconstruire un", argumente-t-il.
S'il était aux commandes, ses priorités seraient claires : une "vraie végétalisation" avec des arbres en pleine terre et non des plantes en pot, et surtout l'arrêt de l'extension de l'aéroport de Nice. "On ne peut pas promettre un plan climat et agrandir un terminal dans le même temps", conclut-il, soulignant que la ville ne respecte déjà pas ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.





