À quelques semaines des élections municipales de mars 2026 à Nice, le paysage politique local connaît un réalignement majeur. L'écologiste Jean-Marc Governatori a officiellement rejoint la liste de l'Union des droites pour la République (UDR) menée par Éric Ciotti. Cette annonce, faite le 9 février, a immédiatement déclenché une série de réactions, révélant des versions contradictoires sur les négociations qui ont précédé ce ralliement.
Alors que Jean-Marc Governatori affirme avoir été courtisé par les principaux camps, notamment celui du maire sortant Christian Estrosi, l'entourage de ce dernier présente une tout autre version des faits. Entre stratégies électorales et ambitions personnelles, les coulisses de cette alliance révèlent les tensions de la campagne niçoise.
Les points clés
- Jean-Marc Governatori, figure écologiste, rejoint la liste de droite d'Éric Ciotti pour les municipales de 2026 à Nice.
- Il occupera la 9ème position sur la liste, un placement stratégique pour être éligible.
- Des versions contradictoires émergent concernant des négociations préalables avec le maire sortant, Christian Estrosi.
- Cette alliance reconfigure les forces en présence et pourrait influencer l'issue du scrutin, notamment en évitant une potentielle triangulaire au second tour.
Une décision qui bouscule l'échiquier politique
L'annonce a surpris de nombreux observateurs de la vie politique niçoise. En rejoignant la liste d'Éric Ciotti, Jean-Marc Governatori, connu pour ses positions écologistes, s'allie avec une figure de la droite républicaine, soutenue par le Rassemblement National. Il justifie ce choix comme une décision pragmatique, visant à garantir une victoire et à obtenir les moyens de mettre en œuvre ses projets.
Lors de la conférence de presse officialisant l'union, M. Governatori a souligné qu'il avait exploré plusieurs options avant de se décider. Il a notamment évoqué des discussions avancées avec d'autres candidats, laissant entendre qu'il était une personnalité politique convoitée dans cette campagne.
La bataille des récits autour des négociations
Au cœur de cette affaire se trouve une divergence notable sur le déroulement des discussions avec le camp du maire sortant. Jean-Marc Governatori affirme que Christian Estrosi lui aurait proposé une place sur sa liste, ainsi que la délégation à l'Alimentation territoriale. Selon lui, les premiers échanges auraient eu lieu mi-novembre, suivis d'une rencontre dans le bureau du maire le 23 janvier.
« Il m’a demandé ce que me filait Ciotti. Je voulais la délégation métropolitaine à l’Alimentation territoriale. Il m’a dit qu’il me la filait aussi », a confié M. Governatori, suggérant qu'une telle offre impliquait logiquement un poste d'adjoint et une position favorable sur la liste.
La version de l'entourage d'Estrosi
Le son de cloche est radicalement différent du côté de la mairie. Des proches de Christian Estrosi soutiennent que c'est Jean-Marc Governatori qui aurait initié le contact par un « très long SMS ». Dans cette version, l'élu écologiste aurait exprimé ses craintes de ne pas atteindre le seuil des 5 % des voix. Le maire lui aurait alors proposé un rendez-vous pour discuter d'un rôle dans le suivi du Plan de l’alimentation territoriale, mais « sans poste d’élu » et « pas sur la liste ».
La stratégie derrière l'alliance
Au-delà des versions contradictoires, cette alliance répond à des logiques stratégiques claires. Pour Éric Ciotti, elle permet d'élargir sa base électorale en intégrant une sensibilité écologiste et de s'afficher comme un rassembleur. Pour Jean-Marc Governatori, elle représente l'assurance d'être élu et d'avoir une influence sur les politiques publiques.
L'écologiste estime qu'en se présentant seul, il aurait pu obtenir un score situé « entre 5 et 10 % ». Un résultat potentiellement insuffisant pour peser au second tour. Il a également révélé avoir tenté de reformer une alliance avec la candidate de gauche Juliette Chesnel-Le Roux, comme en 2020.
« Je lui ai écrit le 4 janvier pour qu’on reproduise l’alliance de 2020. On aurait pu sortir à 20 ou 25 % au premier tour », a-t-il déclaré, ajoutant que cette option avait sa préférence. Cependant, le projet aurait échoué en raison d'un désaccord sur la tête de liste.
L'objectif principal pour les adversaires du maire sortant est d'éviter une triangulaire au second tour, un scénario qui favoriserait Christian Estrosi. En consolidant les forces, le camp Ciotti espère créer une dynamique de duel.
Selon nos informations, Jean-Marc Governatori figurera en neuvième position sur la liste d'Éric Ciotti. Un placement qui, en cas de bon résultat, lui assure une élection au conseil municipal.
Une justification politique assumée
Interrogé sur son rapprochement avec une liste de droite soutenue par le RN, un parti qu'il qualifiait de « danger » en 2021, Jean-Marc Governatori assume sa position. Il estime que le RN s'est transformé et met en avant la personnalité d'Éric Ciotti.
« Éric Ciotti n’est pas un extrémiste, c’est un pur RPR comme Estrosi », a-t-il affirmé, cherchant à minimiser les divergences idéologiques. Pour lui, la priorité reste la mise en place de politiques écologiques concrètes, peu importe le partenaire politique qui lui en donne les moyens.
Cette nouvelle configuration politique promet une campagne électorale particulièrement intense à Nice. Chaque camp affûte désormais ses arguments pour convaincre les électeurs, dans un contexte où les alliances et les stratégies de coulisses semblent jouer un rôle plus déterminant que jamais.





