La scène politique niçoise connaît de nouvelles secousses à l'approche des élections municipales de 2026. Deux personnalités issues de la majorité du maire sortant Christian Estrosi, l'adjointe Catherine Moreau et l'écrivain Henry-Jean Servat, ont décidé de rejoindre la liste de son principal rival, Éric Ciotti, soutenue par le Rassemblement National.
Ces défections, survenant à un moment clé de la pré-campagne, accentuent la polarisation du débat politique local et témoignent des tensions croissantes entre les deux hommes forts de la droite azuréenne.
Points Clés
- Catherine Moreau, adjointe au maire, change d'alliance quelques jours seulement après avoir soutenu publiquement Christian Estrosi.
- L'écrivain et conseiller municipal Henry-Jean Servat rejoint également la liste d'Éric Ciotti, deux ans après le retrait de ses délégations.
- Ces ralliements s'ajoutent à une liste d'anciens proches du maire ayant déjà rejoint le camp Ciotti.
- L'entourage de Christian Estrosi dénonce des manœuvres opportunistes, tandis que le camp Ciotti se félicite de sa capacité à rassembler.
Un changement de cap soudain
Le revirement le plus spectaculaire est celui de Catherine Moreau. Le 10 février dernier, l'adjointe chargée de l'Agriculture et des Hauts de Nice participait activement à une réunion de soutien à la candidature de Christian Estrosi. Cinq jours plus tard, sa décision de rejoindre la liste adverse a été confirmée.
Interrogée sur les raisons de ce choix, l'élue a refusé de s'étendre pour ne pas « alimenter le buzz », mais a tenu à préciser qu'elle ne se considérait « pas du tout RN ». Cette situation crée un paradoxe, puisqu'elle siégeait jusqu'à présent dans l'opposition à Éric Ciotti au Conseil départemental, votant contre les budgets qu'il présentait.
La réaction de l'entourage du maire
Dans les rangs de la majorité municipale, ce départ suscite l'incompréhension et l'agacement. Un membre du premier cercle de Christian Estrosi a souligné l'incohérence de cette démarche.
« Vous avez là deux personnes qui ont voté pour chacun des projets du maire pendant des années. Qui distribuaient des tracts pour lui il y a encore quelques jours. Sentant ou apprenant qu’elles ne seraient pas sur sa liste, les voici qui filent vers celui qui entend bazarder tout ce qu’elles ont construit avec Christian Estrosi pour les Niçois. L’image qui est renvoyée aux citoyens est désastreuse. »
Cette déclaration met en lumière la stratégie de l'équipe sortante : présenter ces défections comme des choix personnels motivés par la crainte de ne pas être reconduit, plutôt que par une divergence politique de fond.
Un contexte de rivalité ancienne
La rivalité entre Christian Estrosi et Éric Ciotti n'est pas nouvelle. Longtemps alliés au sein de la même famille politique, Les Républicains, leurs chemins ont divergé. Christian Estrosi s'est rapproché de la majorité présidentielle (Horizons), tandis qu'Éric Ciotti a pris la tête du parti Les Républicains (devenu UDR après son exclusion) en prônant une ligne plus dure et une alliance avec le Rassemblement National, ce qui a provoqué une fracture au sein de la droite française.
Henry-Jean Servat : un ralliement attendu
Le deuxième ralliement notable est celui d'Henry-Jean Servat. L'écrivain et chroniqueur, connu pour son amitié avec de nombreuses célébrités, avait déjà pris ses distances avec la majorité municipale il y a deux ans.
À l'époque, Christian Estrosi lui avait retiré ses délégations au cinéma et au bien-être animal après des critiques publiques sur la politique culturelle de la ville. Depuis, M. Servat s'était rapproché de plusieurs élus du Rassemblement National. Son engagement sur la liste d'Éric Ciotti est donc perçu comme une formalisation de cette rupture.
Des convictions à concilier
Ce nouveau positionnement politique pourrait toutefois soulever des questions de cohérence. Henry-Jean Servat est un fervent défenseur de la cause animale, un combat qu'il a toujours mis en avant. Il devra désormais faire campagne aux côtés d'Éric Ciotti, connu pour être un passionné de chasse. Cette alliance entre le « meilleur ami des bêtes » et un défenseur de la chasse sera sans doute observée avec attention.
Une liste qui attire les anciens alliés
La liste d'Éric Ciotti, baptisée RN-UDR, semble devenir un point de ralliement pour les déçus de la majorité Estrosi. Avant Catherine Moreau et Henry-Jean Servat, d'autres figures importantes avaient déjà franchi le pas, notamment l'ancien premier adjoint Benoît Kandel et l'ex-directeur général des services de la ville, Olivier Breuilly.
Une campagne déjà lancée
Ces mouvements politiques interviennent alors que la campagne pour les municipales de 2026 est déjà bien engagée. Le camp d'Éric Ciotti se positionne comme une force de rassemblement capable d'unir tous ceux qui souhaitent une alternative à la politique menée par Christian Estrosi.
Bernard Chaix, directeur de la campagne RN-UDR, a réagi à ces nouveaux soutiens en déclarant : « Éric Ciotti rassemble tous ceux qui aiment Nice. Ceux qui veulent une ville plus juste, plus sûre, plus propre et plus humaine. »
Les forces en présence pour 2026
Le paysage politique niçois pour les prochaines élections s'annonce fragmenté. Plusieurs candidats se sont déjà déclarés, représentant un large éventail d'opinions :
- Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons), maire sortant.
- Éric Ciotti (UDR-Rassemblement national), principal opposant.
- Juliette Chesnel-Le Roux (Socialistes, communistes, Verts), pour une union de la gauche.
- Mireille Damiano (La France Insoumise, Viva), représentant la gauche radicale.
- Hélène Granouillac, candidate écologiste indépendante.
- Cédric Vella (Reconquête), pour l'extrême droite.
- D'autres candidats comme Nathalie Dloussky (EGF) et Céline Forjonnel (Démocratie directe) complètent le tableau.
Ces transferts politiques ne sont probablement que les premiers d'une longue série. La bataille pour la mairie de Nice promet d'être l'une des plus observées de France en 2026.





