À l'approche de la date limite du 26 février pour le dépôt des listes électorales, la composition de l'équipe de Christian Estrosi pour les prochaines élections municipales à Nice est au cœur de toutes les attentions. Le maire sortant, qui brigue un quatrième mandat, fait face à un exercice complexe : renouveler son équipe tout en conservant ses soutiens historiques, une opération qui génère tensions et spéculations au sein de la majorité actuelle.
L'enjeu est de taille pour Christian Estrosi. Il doit présenter une liste de 69 noms qui incarne à la fois l'expérience et le changement. Selon des sources proches du dossier, l'objectif serait de renouveler environ un tiers de l'équipe, une tâche rendue difficile par le nombre élevé de candidatures, qui dépasserait les 500.
Points Clés
- Christian Estrosi doit finaliser sa liste de 69 colistiers avant le 26 février.
- L'objectif est de renouveler environ un tiers de l'équipe pour insuffler une nouvelle dynamique.
- Plus de 500 candidatures auraient été reçues, créant une forte concurrence interne.
- Des figures historiques sont confirmées, tandis que plusieurs élus actuels sont sur la sellette.
- De nouveaux visages issus de la société civile et du monde économique sont intégrés pour élargir la base électorale.
Une stratégie pour éviter les dissidences
La principale difficulté pour le maire sortant est de gérer les départs sans créer de rancœur. Un élu non reconduit pourrait être tenté de rejoindre les rangs de l'opposition, notamment ceux de son adversaire déclaré, Éric Ciotti. Pour parer à cette éventualité, une stratégie de communication a été mise en place.
Il a été demandé à tous les membres de la majorité actuelle, y compris ceux dont la place sur la future liste est incertaine, d'enregistrer des vidéos de soutien à l'action de Christian Estrosi. Cette démarche vise à s'assurer de leur loyauté publique, rendant plus difficile toute critique ultérieure en cas de non-reconduction.
Qui reste ? Qui part ?
Si le suspense demeure pour beaucoup, certaines positions semblent déjà assurées. La majorité municipale compte aujourd'hui 53 élus, mais tous ne repartiront pas. Parmi les figures considérées comme incontournables, on retrouve des piliers de l'administration Estrosi.
Les intouchables et les nouveaux venus
Des personnalités comme Pierre-Paul Leonelli, adjoint à la Propreté, la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone, Philippe Pradal, et le premier adjoint et directeur de campagne Anthony Borré, sont considérées comme des éléments clés du dispositif. Anthony Borré jouerait d'ailleurs un rôle central dans la sélection des candidats, même si la décision finale revient à Christian Estrosi.
Le maire a déjà commencé à dévoiler quelques nouveaux noms pour marquer le renouvellement. Maître Marie-Christine Mouchan a été la première recrue officiellement annoncée, prenant la suite d'Agnès Rampal. D'autres arrivées confirment cette volonté d'ouverture :
- Un pôle santé mené par le professeur Pierre-Marie Tardieux, chef des urgences du CHU de Nice.
- Abdelhakim Madi, fondateur de l'association "Partage ton talent" dans le quartier des Moulins.
- L'arrivée pressentie de Cédric Messina, acteur du monde économique et sportif local.
Le retour d'Olivier Bettati
Un autre nom circule avec insistance : celui d'Olivier Bettati. Après un mandat dans l'opposition entre 2014 et 2020, son retour au sein de la majorité marquerait un réalignement politique significatif sur la scène niçoise.
L'incertitude pèse sur plusieurs élus
À l'inverse, plusieurs conseillers et adjoints actuels seraient dans l'incertitude. Des noms comme Françoise Monier, Richard Chemla, José Cobos ou encore Franck Martin figureraient sur une liste d'élus dont le siège est potentiellement éjectable. Cette situation crée une atmosphère de tension palpable à la mairie, où les rumeurs vont bon train.
Certains départs sont déjà actés. Anne Ramos, déléguée à l'Urbanisme, ne figurera pas sur la liste, une décision présentée comme personnelle mais qui, selon des sources internes, lui aurait été imposée. Pierre Fiori, conseiller délégué, a également été écarté après une tentative supposée de rapprochement avec l'équipe d'Éric Ciotti.
Face à l'incertitude, l'activité des élus de la majorité s'intensifie. Franck Martin, dont le nom est cité parmi ceux en sursis, a été vu en train de tracter aux côtés de Christian Estrosi, déclarant être "serein par rapport à son bilan".
Un appel à l'union face à la division
Dans ce contexte de rivalité politique, une voix dissonante s'est fait entendre. Philippe Soussi, adjoint à la Gestion des risques et fidèle de Christian Estrosi depuis 2008, a pris une position surprenante concernant la candidature d'Éric Ciotti.
"Je vais vous dire une chose qui risque de déplaire mais à laquelle je crois très profondément, si aujourd'hui on laisse de côté les considérations politiciennes, le meilleur pour Nice en 2026 ce n'est pas Christian Estrosi ou Éric Ciotti, le meilleur c'est Christian Estrosi et Éric Ciotti."
Philippe Soussi a déploré le tour "délétère" que prend la campagne, regrettant que les talents des deux hommes politiques ne soient pas mis en commun au service de la ville. Tout en réaffirmant sa loyauté, il a exprimé le vœu d'une collaboration, jugeant que "l'addition de leurs talents et de leurs expériences serait la meilleure chose qui puisse arriver à notre Ville".
Cette déclaration illustre la complexité de la situation politique à Nice, où les alliances et les rivalités personnelles pèsent lourdement sur la composition des équipes et le déroulement de la campagne à venir.





