Coup de théâtre dans la campagne municipale à Nice. Jean-Pierre Rivère, président de l'OGC Nice, a été retiré de la liste électorale de son partenaire politique Éric Ciotti. Cette décision, annoncée ce lundi, vise à écarter un risque juridique lié à une potentielle inéligibilité, mais ne modifie en rien son engagement dans la campagne.
Le duo assure que leur collaboration se poursuit, avec un rôle redéfini pour l'homme d'affaires, qui devient conseiller spécial. Ce retrait stratégique intervient suite aux avertissements du camp de Christian Estrosi concernant l'article L231 du code électoral.
L'essentiel
- Jean-Pierre Rivère n'est plus candidat sur la liste d'Éric Ciotti pour les élections municipales à Nice.
- La décision a été prise pour éviter un "risque juridique" d'inéligibilité lié à ses fonctions à l'OGC Nice.
- Il est nommé conseiller spécial de la campagne et prend la tête du comité de soutien.
- Le tandem Ciotti-Rivère dénonce une manœuvre politique de leurs adversaires.
Un retrait pour parer à un risque juridique
La nouvelle a été officialisée par Éric Ciotti lui-même ce lundi. Jean-Pierre Rivère, qui devait être son premier adjoint en cas de victoire, ne figurera finalement pas sur les bulletins de vote le 15 mars prochain. La raison de ce revirement est purement préventive.
La décision a été prise pour anticiper toute contestation post-électorale qui pourrait déstabiliser une éventuelle victoire. « Nous avons décidé de ne pas prendre le risque de déstabiliser notre victoire. Car, pour nous, ça ne fait aucun doute : nous allons gagner », a déclaré Éric Ciotti, candidat de l'Union des droites pour la République (UDR).
Que dit la loi ?
Le point de friction est l'article L231 du code électoral. Ce texte stipule qu'un dirigeant d'entreprise ayant des liens économiques importants avec une collectivité locale doit cesser ses activités privées au moins six mois avant le scrutin pour pouvoir être éligible. Le retour de Jean-Pierre Rivère à la présidence de l'OGC Nice en décembre dernier le place directement sous le coup de cette disposition, le club étant intrinsèquement lié à la ville.
Bien qu'Éric Ciotti qualifie le risque juridique de « faible », il reconnaît son existence. C'est cette incertitude qui a motivé le retrait, une décision présentée comme une mesure de « responsabilité » pour protéger la campagne et, en cas de succès, la future administration municipale.
De colistier à conseiller spécial : une stratégie de contournement
Loin d'être une mise à l'écart, ce retrait s'accompagne d'une redéfinition du rôle de Jean-Pierre Rivère. Il quitte la liste mais pas l'équipe de campagne, bien au contraire. Son implication est même, selon les deux hommes, renforcée.
Éric Ciotti a immédiatement annoncé les nouvelles fonctions de son partenaire : « Il va prendre la tête du comité de soutien et demain, si les électeurs en décident ainsi, il sera nommé conseiller spécial du maire et du président de la Métropole en matière de stratégie de développement et de rayonnement de la ville. »
Cette nouvelle position semble convenir parfaitement à l'intéressé. Jean-Pierre Rivère a accueilli ce changement avec enthousiasme, affirmant qu'il privilégie l'action concrète aux fonctions administratives.
« Je ne suis pas un homme de bureau. Ce que j’aime c’est le terrain, c’est l’action. Ce que je veux, c’est porter de grands projets pour Nice. Je ne recherche pas un titre, une fonction. Conseiller spécial cela me libère de tout ce qui est contraignant administrativement. »
Pour lui, ce changement de statut ne change rien à son engagement, au contraire. « Ça renforce même notre duo », a-t-il affirmé, insistant sur sa volonté de rester actif sur le terrain pour les sept prochaines années.
Une campagne sous haute tension politique
Ce développement juridique et stratégique s'inscrit dans un climat de campagne municipale particulièrement tendu à Nice. Le camp d'Éric Ciotti n'a pas manqué de pointer du doigt ses adversaires, les accusant de vouloir déplacer le débat politique sur le terrain juridique.
Jean-Pierre Rivère a fustigé ceux qui tentent de jouer la partie « en dehors du tapis vert », une métaphore sportive pour dénoncer des manœuvres qu'il juge déloyales. De son côté, Éric Ciotti a déploré « l’adversité, voire une forme de haine, qui s’est déversée sur (ses) colistiers », en référence à Jean-Pierre Rivère mais aussi à d'autres membres de sa liste.
Le cas de Pierre Ippolito
La question de l'inéligibilité a également été soulevée pour un autre soutien de poids d'Éric Ciotti, l'entrepreneur Pierre Ippolito. Cependant, l'équipe de campagne se montre plus sereine à son sujet. « Selon notre analyse, en l’occurrence la question ne se pose pas », a assuré le candidat UDR, sans donner plus de détails.
Cette séquence illustre la dureté de la bataille pour la mairie de Nice. En choisissant de retirer Jean-Pierre Rivère de la liste, Éric Ciotti désamorce une potentielle crise post-électorale et tente de reprendre la main sur le narratif de sa campagne. Il transforme une contrainte juridique en une démonstration de prudence et de responsabilité, tout en maintenant une figure populaire et influente à ses côtés.
Le duo Ciotti-Rivère entend désormais poursuivre sa campagne, recentrée sur les projets pour la ville, tout en se présentant comme victime d'attaques procédurières. La réponse des électeurs niçois se fera connaître dans les urnes le 15 mars.





