À quelques mois des élections municipales, une déclaration du maire de Nice, Christian Estrosi, sur la sécurité a déclenché une vive polémique. En prônant une police de proximité, il s'est attiré les foudres de son opposant, Patrick Allemand, qui dénonce une manœuvre électoraliste et un revirement politique.
Le candidat de la liste de gauche « Unis pour Nice » accuse le maire sortant de s'approprier une idée que son camp défend depuis des années, tout en ayant mené une politique sécuritaire axée sur la centralisation et la technologie.
Les points clés
- Le maire Christian Estrosi a récemment mis en avant l'importance d'une police de proximité à Nice.
- Patrick Allemand, candidat de gauche, qualifie cette annonce de volte-face à l'approche des élections municipales de 2026.
- La gauche niçoise s'oppose depuis cinq ans au projet de grand commissariat centralisé à l'hôpital Saint-Roch.
- Le débat oppose deux visions de la sécurité : centralisation technologique contre présence humaine sur le terrain.
Un changement de cap qui interroge
Le débat sur la sécurité à Nice a pris une nouvelle tournure suite à des propos tenus par Christian Estrosi. Le maire et candidat à sa réélection a affirmé que « la sécurité est avant tout une question de proximité », une déclaration qui a immédiatement fait réagir son adversaire politique, Patrick Allemand.
Pour le candidat de la liste « Unis pour Nice », qui rassemble écologistes, socialistes et communistes, cette prise de position est difficile à concilier avec la politique menée ces dernières années. Il pointe du doigt un changement de discours qu'il juge opportuniste, survenant à peine trois mois avant le scrutin municipal.
La pomme de discorde principale est le projet de futur « hôtel des polices ». Ce complexe, prévu sur le site de l'ancien hôpital Saint-Roch, est conçu pour regrouper en un seul lieu la police nationale, la police municipale et le centre de supervision de la vidéosurveillance.
« Mais de qui se moque-t-on ? » s'est interrogé publiquement Patrick Allemand dans un communiqué, résumant son exaspération face à ce qu'il perçoit comme une contradiction majeure.
Deux visions de la sécurité s'affrontent
Le débat met en lumière deux philosophies distinctes en matière de sécurité urbaine. D'un côté, la stratégie défendue jusqu'à présent par la majorité municipale repose sur la centralisation des forces et l'investissement massif dans la technologie, notamment la vidéosurveillance.
De l'autre, la gauche niçoise plaide depuis cinq ans pour le retour d'une police de proximité. Cette approche privilégie une présence humaine visible et accessible dans les quartiers, à travers des patrouilles régulières et des postes de police locaux, une pratique connue sous le nom d'îlotage.
Le projet controversé de l'Hôtel des Polices
Le projet de regrouper les forces de police dans un commissariat unique à Saint-Roch est un projet phare de la mandature de Christian Estrosi. L'objectif affiché est de mutualiser les moyens et d'améliorer la coordination entre les services pour gagner en efficacité. Cependant, les opposants au projet craignent que cette centralisation n'entraîne un éloignement des forces de l'ordre des citoyens et des réalités de terrain des différents quartiers de la ville.
« Depuis cinq ans, nous exigeons le retour du bleu dans la ville », a insisté Patrick Allemand. Il reproche au maire d'avoir ignoré ces appels répétés, préférant concentrer les efforts et les investissements sur le futur commissariat XXL.
La proximité comme nouvel argument de campagne
Ce qui a particulièrement agacé l'opposition, c'est l'annonce récente de la mise en place de structures mobiles de la police municipale. Ces dispositifs, déployés sur des lieux de forte affluence comme la place Garibaldi ou l'avenue Jean-Médecin, visent à recréer du lien avec les habitants.
Pour Patrick Allemand, cette initiative, bien que semblant aller dans le sens de ses propres revendications, n'est qu'une façade. Il y voit une tentative de séduire les électeurs sensibles à la thématique de la proximité, sans pour autant remettre en cause le projet de centralisation à Saint-Roch, qu'il considère comme le véritable pilier de la stratégie sécuritaire du maire.
Cette controverse soulève une question fondamentale pour les électeurs niçois : quelle est la méthode la plus efficace pour assurer la sécurité au quotidien ? La réponse pourrait bien peser lourd dans les urnes en mars prochain.
Le contexte d'une campagne municipale tendue
Le sujet de la sécurité est traditionnellement un enjeu majeur des élections à Nice. La montée des préoccupations liées au trafic de drogue et à la petite délinquance place cette thématique au centre des programmes des différents candidats.
La critique de Patrick Allemand ne se limite pas à un simple désaccord sur la stratégie policière. Elle s'inscrit dans une critique plus large de la gestion municipale, qu'il estime déconnectée des besoins réels des habitants des quartiers.
Selon Patrick Allemand, son groupe politique s'oppose au projet de l'hôtel des polices de Saint-Roch et réclame le retour à une police de proximité depuis cinq ans, soit la quasi-totalité de la mandature actuelle. Cette constance dans leur positionnement est aujourd'hui leur principal argument pour dénoncer le « revirement » du maire.
La campagne pour les élections municipales de 2026 s'annonce donc comme une confrontation de visions pour l'avenir de Nice. La gestion de la sécurité, et plus précisément le modèle à adopter pour la police municipale, sera l'un des terrains d'affrontement privilégiés entre les candidats.
Les électeurs devront trancher entre un modèle qui mise sur la technologie et la concentration des forces et un autre qui prône le retour à une présence policière plus humaine et disséminée au cœur des quartiers.





