À l'approche des élections municipales et de la célébration de l'Aïd el-Fitr, une controverse a éclaté à Nice concernant la mise à disposition du Palais des Expositions pour la prière. Des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux accusent la mairie de favoritisme électoral. Cependant, l'Union des Musulmans des Alpes-Maritimes (UMAM) a présenté des documents financiers pour clarifier la situation.
L'imam Otmane Aissaoui, président de l'UMAM, a mis fin aux spéculations en confirmant que l'association a bien payé pour l'utilisation des locaux, comme chaque année. Cette déclaration vise à apaiser les tensions dans un contexte politique sensible.
Points Clés
- Des accusations de gratuité du Palais des Expositions pour la prière de l'Aïd ont émergé sur les réseaux sociaux.
- L'imam Otmane Aissaoui, président de l'UMAM, a présenté des factures prouvant un paiement de plus de 5 000 euros.
- Le maire Christian Estrosi a clarifié ses propos, expliquant que l'absence de "ticket d'entrée" pour les fidèles ne signifiait pas la gratuité de la location pour l'association.
- Le coût est inférieur à l'année précédente en raison de l'utilisation d'un espace plus restreint, le Palais Nikaia n'étant pas disponible.
Une controverse en plein contexte électoral
La polémique a pris de l'ampleur suite à la diffusion d'une vidéo montrant le maire de Nice, Christian Estrosi, en campagne. Interrogé par une habitante sur le coût de l'accès à la prière de l'Aïd, il a répondu : « Non, c’est gratuit ». Cette phrase, sortie de son contexte, a alimenté les accusations selon lesquelles la mairie offrait le lieu en cadeau électoral, la célébration tombant le 20 mars, juste entre les deux tours des élections municipales.
Un compte anonyme, très actif sur les réseaux sociaux, a relayé ces allégations, affirmant que la salle, habituellement louée 25 000 euros, était cette année offerte. Ces publications ont rapidement semé le doute et provoqué de vives réactions.
La clarification du maire
Face à la controverse grandissante, Christian Estrosi a précisé sa pensée. Il a expliqué que sa réponse s'adressait à une personne à titre individuel et non à l'association organisatrice. « Je voulais dire qu’il n’y aura pas de ticket d’entrée pour prier », a-t-il déclaré, soulignant que la location de l'espace par l'UMAM restait payante et encadrée par les règles des finances publiques.
Son entourage a ajouté que les devis avaient été établis dès le mois de janvier, bien avant la diffusion de la vidéo et le début de la polémique.
Les preuves financières apportées par l'UMAM
Pour mettre un terme définitif aux rumeurs, l'imam Otmane Aissaoui, qui préside l'Union des Musulmans des Alpes-Maritimes, a pris la parole. « Depuis 2005, on loue des espaces. On ne demande rien, et on ne demandera jamais rien, à personne », a-t-il affirmé avec fermeté.
Une organisation indépendante
L'UMAM est l'association qui gère la mosquée Ar-Rahma dans le quartier de L'Ariane. Elle organise chaque année la grande prière de l'Aïd el-Fitr, qui rassemble des milliers de fidèles, en louant des espaces municipaux adaptés pour accueillir la foule dans de bonnes conditions de sécurité.
L'imam a présenté les factures relatives à la location du Palais des Expositions. Ces documents, que nous avons pu consulter, attestent d'un paiement total d'un peu plus de 5 000 euros. Le virement a été effectué pour couvrir les frais de location de la salle, les services de sécurité et le nettoyage des lieux.
« Ce sont les musulmans qui paient. Des gens nous en veulent et mentent. Malgré ce qu’ils disent, l’Union des musulmans des Alpes-Maritimes a bien payé le palais des expositions pour la prière de l’Aïd. »Otmane Aissaoui, président de l'UMAM
Un choix de lieu et un coût justifiés
Le montant de la facture a également soulevé des questions, certains le jugeant bien inférieur aux 25 000 euros déboursés en 2025. La différence s'explique par le lieu et la surface disponibles cette année.
Pourquoi le Palais des Expositions ?
En 2025, la prière s'était tenue au Palais Nikaia, une salle de concert capable d'accueillir jusqu'à 10 000 personnes. Cette année, le Nikaia était déjà réservé pour un autre événement. Une autre option, le centre des congrès OcéaNice, n'était pas non plus disponible.
Le choix s'est donc porté sur le Palais des Expositions. Cependant, en raison du démontage de la Foire de Nice qui se termine le 16 mars, seule une partie du bâtiment est accessible.
Capacité et organisation
L'UMAM disposera du hall d'entrée et d'une salle de 1 000 m² au premier étage. Cet espace peut accueillir environ 3 000 personnes. Pour permettre à tous les fidèles de prier, plusieurs services seront organisés à partir de 7h30 du matin. La sécurité a également été renforcée en raison du contexte actuel.
La surface louée étant nettement plus petite que celle du Palais Nikaia, le coût de la location est logiquement moins élevé, ce qui explique l'écart de prix entre les deux années.
Un appel à l'unité face aux divisions
Cette polémique a été perçue par certains comme une tentative de diviser la communauté musulmane à des fins politiques. Abdallah Khemis, élu aux côtés de Christian Estrosi, a exprimé sa tristesse face à ces attaques. « Ils essaient de nous diviser mais ils n’y arriveront pas », a-t-il déclaré, confirmant sa présence à la prière du 20 mars.
Le maire Christian Estrosi a également annoncé qu'il serait présent, comme il le fait chaque année. D'autres lieux de culte à travers la ville, comme les mosquées Attaqwa aux Moulins et En-Nour dans la Plaine du Var, organiseront également des prières pour l'Aïd. La controverse met en lumière les tensions qui peuvent entourer l'organisation d'événements religieux majeurs, surtout en période électorale.





