Environ 300 personnes issues de la mouvance ultradroite se sont réunies ce vendredi 20 février 2026 sur la place Garibaldi à Nice. Ce rassemblement nocturne visait à rendre hommage à Quentin Deranque, un jeune militant nationaliste de 23 ans décédé la semaine précédente après une agression à Lyon.
L'atmosphère était empreinte de solennité et de colère, les participants dénonçant ce qu'ils qualifient d'« assassinat politique » et pointant la responsabilité de groupes antifascistes.
Les points essentiels
- Environ 300 militants d'ultradroite se sont rassemblés à Nice le 20 février 2026.
- L'événement était un hommage à Quentin Deranque, 23 ans, décédé après une agression à Lyon.
- Les organisateurs ont accusé des « nervis antifascistes et gauchistes » d'être responsables de sa mort.
- Des figures politiques de La France Insoumise ont été nommément mises en cause durant les discours.
- La manifestation s'est déroulée avec des torches, des fumigènes et des slogans virulents.
Une atmosphère chargée sur la place Garibaldi
Dès 19 heures, la place Garibaldi a vu converger des membres de plusieurs organisations de l'ultradroite. L'appel avait été lancé par le groupe niçois Aquila popularis, et des délégations d'Action française, du collectif Némésis ou encore du groupuscule provençal Tenesoun étaient présentes.
La scène était marquée par la lueur de nombreuses torches tenues par les manifestants, créant une ambiance pesante dans la nuit niçoise. Une large banderole noire a été déployée, portant l'inscription en lettres blanches : « Quentin présent ».
Ce rassemblement fait suite au décès de Quentin Deranque le 14 février dernier. Le jeune homme avait été violemment agressé deux jours plus tôt à Lyon. L'enquête se concentre sur des individus dont certains seraient proches du groupe antifasciste la Jeune Garde.
Un discours virulent et des accusations directes
Au cœur de la soirée, Raphaël Ayma, porte-parole du rassemblement et membre de Tenesoun, a pris la parole au mégaphone. Son discours a rapidement donné le ton de la manifestation, délaissant l'hommage pour la dénonciation politique.
« La réalité est violente, l'engagement est coûteux. La haine de nos adversaires à notre égard est mortelle. C'est un assassinat, il faut le dire. Quentin a été tué par des nervis antifascistes, des gauchistes, des extrémistes de gauche violente. »
L'orateur ne s'est pas arrêté là, accusant ce qu'il nomme « le système » d'avoir « donné un permis de tuer » aux agresseurs. Il a ensuite directement ciblé des responsables politiques.
La France Insoumise dans le viseur
Le discours a pris une tournure encore plus accusatrice lorsque Raphaël Ayma a désigné des responsables présumés de la mort de Quentin Deranque. Selon lui, ces responsables se trouvent « au sein de la France Insoumise ».
Il a nommément cité la députée Rima Hassan ainsi que le leader du mouvement, Jean-Luc Mélenchon, les présentant comme complices moraux de cette violence. Ces accusations ont été accueillies par des réactions approbatrices de la foule.
Qui était Quentin Deranque ?
Âgé de 23 ans, Quentin Deranque était un jeune étudiant connu pour sa proximité avec la mouvance nationaliste. Son décès après une agression à Lyon a provoqué une vive émotion au sein des milieux d'extrême droite, qui le considèrent comme une victime de la violence politique. L'affaire a également eu un écho international, l'administration Trump aux États-Unis ayant dénoncé la « violence politique d'extrême gauche » en France suite à cet événement.
Des slogans et des symboles de l'extrême droite radicale
Après les discours, la tension est montée d'un cran. Des fumigènes ont été allumés, nimbant la place d'une fumée épaisse tandis que les drapeaux tricolores s'agitaient avec plus de vigueur.
La foule a alors scandé plusieurs slogans, dont « Europe, jeunesse, révolution ». Ce slogan est historiquement associé au GUD (Groupe Union Défense), une organisation étudiante d'extrême droite officiellement dissoute en 2024 mais dont les symboles et l'héritage perdurent.
Le GUD, fondé dans les années 1960, a longtemps été l'un des mouvements les plus radicaux et violents de l'extrême droite étudiante en France. Sa dissolution n'a pas empêché la persistance de ses slogans et de sa culture militante au sein de la nouvelle génération.
Le rassemblement s'est achevé sur des cris de « Antifas assassins, Justice pour Quentin », résumant la rhétorique adoptée tout au long de la soirée. La manifestation s'est dispersée dans le calme, sans incident notable avec les forces de l'ordre qui encadraient l'événement.
Cette soirée à Nice illustre la polarisation croissante du débat politique et la montée des tensions entre mouvances radicales. Le drame de la mort de Quentin Deranque est devenu un catalyseur pour l'ultradroite, qui entend bien en faire un symbole de sa lutte contre ses adversaires politiques.





