Pour Arturo Rios, un infirmier vénézuélien installé à Nice depuis 2016, l'annonce de la capture de Nicolás Maduro par les forces américaines a provoqué un mélange de soulagement et d'inquiétude. À 27 ans, il partage son espoir de voir son pays natal se reconstruire, tout en redoutant une période d'instabilité pour ses proches restés sur place.
Points Clés
- Un Vénézuélien de Nice exprime son soulagement après l'annonce de l'arrestation de Nicolás Maduro.
- Il qualifie l'ancien dirigeant d'« usurpateur » et se réjouit qu'il soit enfin traduit en justice.
- Malgré ce sentiment de victoire, il reste inquiet pour la sécurité de sa famille au Venezuela.
- Il espère que le pays pourra se reconstruire sous la direction du président élu, Edmundo González.
Un réveil entre soulagement et anxiété
Ce samedi matin, le téléphone d'Arturo Rios n'a pas cessé de sonner. Les nouvelles en provenance du Venezuela, son pays d'origine, étaient à la fois attendues et saisissantes : une opération militaire américaine avait conduit à la capture de Nicolás Maduro. Pour cet infirmier de 27 ans qui travaille à l'hôpital Pasteur 2 à Nice, la première émotion fut un profond soulagement.
« Pour nous, Maduro n'était pas un président, mais un usurpateur. Un dictateur qui avait du mal à lâcher le pouvoir », confie-t-il. L'idée qu'il puisse être jugé pour ses actes est perçue comme une avancée majeure. « Savoir qu’il va être enfin jugé pour une partie des crimes qu’il a pu commettre, c’est une victoire en tant que Vénézuélien à l’étranger. »
Cependant, ce sentiment est rapidement tempéré par une peur viscérale pour sa famille et ses amis restés au pays. Il craint que le vide laissé par cette arrestation ne déclenche une vague d'anarchie. « Je redoute que ce soit le calme avant la tempête, non pas à cause des États-Unis, mais des autres membres du gouvernement qui pourraient chercher à semer le chaos », précise-t-il.
Un départ motivé par la violence
Arturo Rios a quitté le Venezuela en 2016 pour poursuivre ses études en France. Sa décision n'était pas seulement académique, mais aussi une question de survie. « J’ai quitté mon pays parce que j’ai été violemment agressé physiquement », raconte-t-il. Il se souvient avoir assisté, adolescent, à des scènes de guerre civile où des militaires tiraient sur des manifestants à quelques mètres de lui. Ces expériences l'ont convaincu qu'il ne pourrait pas construire sa vie dans son pays natal.
Une intervention américaine prévisible ?
Si la nouvelle a eu l'effet d'un choc, elle n'a pas totalement surpris Arturo. Il suit de près la situation géopolitique et avait noté les signes avant-coureurs. « Depuis le mois d'août, Trump avait déjà fait venir tous les porte-avions, les gros bateaux de guerre dans les Caraïbes », rappelle-t-il. « Et il avait prévenu qu’il allait le faire. Il avait déjà lancé deux ultimatums à Maduro. »
Interrogé sur le rôle de Donald Trump, sa position est nuancée. Tout en étant en désaccord avec la politique de l'ancien président américain, il lui reconnaît une certaine efficacité dans ce dossier.
« C’est dur à dire parce que Trump, je ne suis pas du tout en accord avec ses idées. Mais en attendant, c’est bien la seule personne qui a fait quelque chose pour le Venezuela. Concrètement, je veux dire. Il a fait le sale boulot, je lui suis reconnaissant pour ça. »
L'espoir d'une reconstruction nationale
Au-delà de l'arrestation de Maduro, c'est l'avenir du Venezuela qui préoccupe Arturo. Pour lui, la voie à suivre est claire et a déjà été choisie par le peuple. « Le peuple vénézuélien a déjà choisi Edmundo González en tant que président. Il a été élu mais son élection, reconnue par le monde entier, ne l’a pas été par les militaires », explique-t-il.
Son plus grand espoir réside maintenant dans un changement d'allégeance de l'armée. « J'espère que les militaires seront enfin du côté du peuple, qui, lui, a envie d’aller de l’avant. On est prêts à reconstruire le pays. »
Un rêve de grandeur retrouvée
L'ambition d'Arturo pour son pays est immense. Il souhaite que les dirigeants démocratiquement choisis puissent œuvrer à « reconstruire le Venezuela et l’aider à redevenir une puissance mondiale comme on a pu l’être dans les années soixante. »
Une vie construite en France
Arrivé en France pour ses études, Arturo a obtenu son diplôme d'infirmier en 2020 et a décidé de rester. Il a depuis demandé la nationalité française et se sent profondément attaché à son pays d'accueil. « Ma vie, je l’ai faite ici. Je me sens autant français que vénézuélien aujourd’hui », affirme-t-il.
Un retour au Venezuela n'est pas à l'ordre du jour, même si la situation politique s'améliore. « Je n’y suis jamais retourné parce que j’ai peur des représailles », avoue-t-il. Pour l'heure, il continue de suivre les événements à distance, le cœur partagé entre l'espoir d'un renouveau pour sa patrie et la réalité de sa nouvelle vie sur la Côte d'Azur.





