Depuis le 3 novembre, un nouveau dispositif de contrôle de la vitesse est actif sur les routes des Alpes-Maritimes. Trois véhicules banalisés, conduits par des opérateurs privés, sillonnent le département pour traquer les excès de vitesse, de jour comme de nuit. Cette mesure, pilotée par l'État, vise à réduire une accidentologie jugée encore trop élevée dans la région.
Les points clés
- Trois voitures radars banalisées sont en circulation dans les Alpes-Maritimes depuis le 3 novembre.
- Ces véhicules sont gérés par des sociétés privées sous contrat avec l'État.
- Le dispositif couvre 44 itinéraires jugés dangereux, soit près de 2 500 kilomètres de routes.
- La vitesse est responsable de près d'un tiers des accidents mortels dans le département depuis 2021.
Un dispositif conçu pour être imprévisible
Pour les automobilistes des Alpes-Maritimes, la vigilance est désormais de mise. Les trois nouvelles voitures radars en service ont été pensées pour se fondre totalement dans le trafic. Dépourvues de tout signe distinctif, que ce soit un logo de la police ou un gyrophare, elles ressemblent à n'importe quel autre véhicule.
Leur mission est de contrôler la vitesse des usagers sans être repérées. Pour ce faire, elles sont équipées d'un système de flash infrarouge, totalement invisible à l'œil nu, qui permet de prendre des clichés des contrevenants de jour comme de nuit, sans que ces derniers ne s'en aperçoivent sur le moment.
Des itinéraires variés pour surprendre
L'efficacité du système repose sur son caractère imprévisible. Les autorités ont défini 44 itinéraires spécifiques, couvrant un total de près de 2 500 kilomètres à travers le département. Ces parcours ont été sélectionnés en raison de leur accidentologie élevée.
Pour éviter que les conducteurs ne mémorisent les zones de contrôle, les trajets empruntés par les voitures radars sont modifiés chaque mois. De plus, ces véhicules circulent à des horaires aléatoires, incluant les jours de semaine, les week-ends et les jours fériés, augmentant ainsi l'incertitude pour les conducteurs en infraction.
Tous les usagers concernés
Le système de contrôle embarqué est capable de flasher tous les types de véhicules : voitures, camions, mais aussi les deux-roues motorisés. La technologie permet d'identifier la vitesse autorisée sur la portion de route et de sanctionner tout dépassement.
Une réponse aux chiffres alarmants de la sécurité routière
La mise en place de ce dispositif n'est pas le fruit du hasard. Elle répond à une situation préoccupante sur les routes du département. La vitesse excessive ou inadaptée demeure la première cause d'accidents mortels dans les Alpes-Maritimes.
Depuis le début de l'année 2024, les chiffres témoignent de cette réalité. Le département a enregistré 579 accidents corporels, qui ont entraîné la mort de 37 personnes. Une analyse plus fine sur la période 2021-2024 révèle une statistique encore plus parlante : près d'un tiers des décès survenus sur la route étaient directement liés à une vitesse excessive.
Face à la persistance de comportements dangereux, les autorités qualifient cette initiative de "réponse ferme" pour renforcer la sécurité de tous les usagers de la route et tenter d'inverser cette tendance tragique.
Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et les contrôles traditionnels, le message peine encore à être entendu par une partie des conducteurs. L'objectif de ces voitures radars est donc de créer une pression de contrôle constante et diffuse pour inciter durablement à un respect des limitations de vitesse.
Un modèle déjà éprouvé au niveau national
L'externalisation de la conduite des voitures radars à des opérateurs privés n'est pas une nouveauté en France. Le système a été expérimenté pour la première fois en Normandie dès 2017. Les résultats obtenus dans les régions pionnières ont été jugés suffisamment concluants pour que le gouvernement décide d'étendre progressivement le dispositif à l'ensemble du territoire.
Comment ça marche ?
L'État reste le seul décisionnaire en matière de verbalisation. Les sociétés privées ont pour unique mission de faire circuler les véhicules sur les itinéraires définis par la préfecture. Leurs conducteurs sont des salariés qui n'ont aucune information sur les infractions constatées. Le système embarqué fonctionne de manière autonome, enregistre les excès de vitesse et transmet les données de manière cryptée au Centre National de Traitement de Rennes, où un officier de police judiciaire valide ou non le procès-verbal.
Cette méthode permet de libérer du temps pour les forces de l'ordre, qui peuvent ainsi se concentrer sur d'autres missions de sécurité routière, comme les contrôles d'alcoolémie, de stupéfiants ou les interceptions de conducteurs au comportement dangereux.
Le déploiement se poursuit activement. D'ici la fin de l'année 2025, les autorités prévoient d'avoir environ 300 véhicules de ce type en circulation sur les routes de France. L'arrivée de ces trois voitures dans les Alpes-Maritimes s'inscrit donc dans une stratégie nationale de lutte contre l'insécurité routière, dont la vitesse reste l'un des principaux fléaux.





