Une situation pour le moins inhabituelle s'est produite le vendredi 26 décembre 2025 à l'aéroport de Luxembourg. Vingt-deux passagers du vol Volotea V72579 à destination de Nice ont été contraints de quitter l'appareil juste avant le départ. La cause de cet incident est l'absence imprévue d'un membre de l'équipage, rendant impossible le respect des normes de sécurité aérienne avec le nombre initial de voyageurs.
L'avion a finalement pu décoller, mais a atterri sur la Côte d'Azur avec une heure de retard, laissant derrière lui des passagers déçus et en colère face à la gestion de la situation par la compagnie aérienne.
L'essentiel de l'information
- 22 passagers ont dû quitter un vol Volotea entre Luxembourg et Nice.
- Un steward est tombé malade, réduisant le personnel de cabine disponible.
- Les réglementations de l'aviation civile imposent un ratio personnel/passagers strict.
- La compagnie a remboursé ou replacé les voyageurs affectés sur d'autres vols.
- Des passagers ont critiqué la communication et la gestion de l'incident.
Un message inattendu du commandant de bord
Le vol V72579 de la compagnie espagnole Volotea s'apprêtait à quitter le tarmac luxembourgeois pour rejoindre Nice en cette période de fêtes de fin d'année. Certains passagers étaient déjà installés à leur siège, tandis que d'autres finalisaient leur embarquement. C'est à ce moment précis qu'une annonce du commandant de bord a interrompu la routine du départ.
Le pilote a informé les voyageurs qu'en raison d'une circonstance imprévue, l'avion ne pourrait pas décoller avec tous les passagers à bord. Il a ensuite appelé plusieurs personnes à se présenter et à quitter l'appareil, créant une atmosphère de confusion et d'incompréhension dans la cabine.
La sécurité aérienne, une règle non négociable
La raison de cette décision radicale a rapidement été clarifiée : un steward de l'équipage de cabine est tombé malade et aucun remplaçant n'était disponible à si court préavis. Or, les règles de l'aviation civile sont extrêmement strictes sur ce point.
Le ratio équipage-passagers
La réglementation aérienne internationale impose un nombre minimum de membres d'équipage de cabine (PNC) par rapport au nombre de passagers. Ce ratio est généralement d'un PNC pour 50 sièges passagers, qu'ils soient occupés ou non. Cette mesure vise à garantir une évacuation rapide et sécurisée de l'ensemble des voyageurs en cas d'urgence.
Avec un membre d'équipage en moins, le vol V72579 se retrouvait en infraction avec ces normes de sécurité. La seule solution pour que l'avion puisse décoller était donc de réduire le nombre de passagers pour respecter le ratio autorisé avec le personnel présent.
Une gestion de crise vivement critiquée
Dans un premier temps, la compagnie a fait appel à des volontaires pour quitter l'avion en échange de compensations. Cependant, le nombre de personnes prêtes à renoncer à leur voyage n'a pas été suffisant pour atteindre le quota requis.
Face à cette situation, Volotea a dû désigner elle-même les 22 passagers qui devraient débarquer. Cette sélection forcée a provoqué le mécontentement de nombreux voyageurs, qui ont déploré un manque de clarté et une mauvaise gestion de la part de la compagnie.
« J'imagine qu'ils étaient au courant dès l'embarquement. Pourquoi nous ont-ils laissés entrer ? » a interrogé Michelle, une passagère citée par le journal L'Essentiel, soulignant le moment mal choisi de l'annonce.
Une autre voyageuse, Gisèle, a exprimé ses doutes quant aux solutions proposées. « J'aurais été prête à le faire, mais je n'étais pas certaine d'avoir une place sur le vol du lendemain. Quid des conditions de logement ? Et rien n’a été proposé pour le repas », a-t-elle témoigné, regrettant une gestion qu'elle qualifie de chaotique. « Tout cela a été très mal géré et ça aurait pu mal tourner », a-t-elle ajouté.
Droits des passagers en cas de refus d'embarquement
En cas de refus d'embarquement (ou "bumping") imposé par une compagnie aérienne dans l'Union Européenne, les passagers ont droit à plusieurs options :
- Le remboursement intégral du billet.
- Un réacheminement vers leur destination finale dans les meilleurs délais.
- Une indemnisation forfaitaire dont le montant varie selon la distance du vol.
Des solutions alternatives pour les voyageurs lésés
Malgré les critiques sur la forme, la compagnie Volotea a respecté ses obligations réglementaires envers les passagers débarqués. Ces derniers se sont vus proposer deux alternatives principales pour pallier ce désagrément.
La première option était un remboursement complet du billet pour ceux qui souhaitaient annuler leur voyage. La seconde consistait à être replacé sur un autre vol à destination de Nice, que ce soit avec Volotea ou une autre compagnie, afin de leur permettre de rejoindre leur destination finale.
L'avion, allégé de ses 22 passagers, a finalement pu décoller de Luxembourg. Il est arrivé à l'aéroport de Nice-Côte d'Azur avec environ une heure de retard sur son horaire initial, concluant une expérience de voyage particulièrement stressante pour toutes les personnes à bord.





