Le procès en appel de Nabil Raouafi s'est ouvert devant la cour d'assises du Var à Draguignan. Condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir tenté de tuer son épouse en l'immolant par le feu à Nice en 2021, l'accusé continue de clamer son innocence.
Les points clés de l'affaire
- Nabil Raouafi est jugé en appel pour tentative de meurtre sur conjoint.
- Il avait été condamné à la perpétuité par la cour d'assises des Alpes-Maritimes en décembre 2024.
- Les faits se sont déroulés le 13 août 2021 dans le quartier de l'Ariane à Nice.
- La victime, Samira, a été brûlée sur 29 % de son corps mais a survécu à ses blessures.
- L'accusé nie toute implication depuis le début de l'enquête.
Retour sur une soirée d'horreur
Le 13 août 2021, une scène effroyable a secoué un immeuble du quartier de l'Ariane, à Nice. Des habitants ont vu dévaler les escaliers une femme, Samira, dont le corps était en partie en feu. Hurlant de douleur, elle a eu le temps de désigner son mari comme son agresseur avant d'être prise en charge par les secours.
Un témoin a également rapporté avoir vu un homme poursuivre la victime dans les parties communes, un couteau à la main. Cet homme était-il Nabil Raouafi ? C'est la question centrale à laquelle les jurés de la cour d'assises du Var devront répondre.
Samira a survécu, mais les séquelles sont profondes. Brûlée au troisième degré sur 29 % du corps, notamment au dos, au bras et à la hanche, elle a porté lors du premier procès un témoignage poignant qui avait marqué les esprits.
Des expertises médico-légales déterminantes
Les rapports des médecins légistes ont joué un rôle crucial lors du premier procès. Selon leurs conclusions, il est impossible que la victime ait pu s'infliger elle-même de telles blessures, une hypothèse qui avait été un temps évoquée par la défense et les proches de l'accusé.
Une défense constante face aux accusations
Depuis son arrestation, Nabil Raouafi n'a jamais dévié de sa ligne de défense. Que ce soit en garde à vue, durant l'instruction ou lors de son premier procès à Nice, il a toujours nié les faits. Face à la présidente de la cour d'assises du Var, Emmanuelle de Rosa, il a de nouveau affirmé : « Ce n’est pas moi. Je n’étais pas là quand ça s’est passé. Je n’ai rien fait. »
Cette position est maintenue malgré plusieurs éléments à charge qui avaient convaincu les premiers jurés. L'un des plus accablants est l'expertise de son téléphone portable, qui le localisait dans l'appartement au moment des faits. Cette preuve contredit directement son alibi : il affirme avoir quitté le domicile après une dispute pour se rendre à l'hôpital Lenval voir un ami.
La défense, assurée par Maîtres Béatrice et Christian Scolari, avait contesté la fiabilité de ces données téléphoniques en première instance et devrait de nouveau plaider en ce sens.
Le rôle trouble d'un membre de la famille
Peu après les faits, la sœur de l'accusé avait été vue dans la cuisine de l'appartement en train de verser de l'eau sur un bidon de produit inflammable. Initialement poursuivie pour modification de scène de crime et non-assistance à personne en danger, elle a finalement bénéficié d'un abandon des charges lors du premier procès.
Un mariage arrangé et des tensions familiales
Le drame est survenu dans un contexte de relations très tendues au sein du couple et de la belle-famille. Nabil et Samira, cousins éloignés, s'étaient mariés en Tunisie seulement cinq mois avant les faits. Il s'agissait d'un mariage arrangé.
Selon l'accusé, le comportement de son épouse a changé dès son arrivée en France. « Rapidement, elle m’a reproché mes heures de travail », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il se sentait « persécuté ». Il a reconnu avoir rapidement envisagé le divorce.
De son côté, Samira a décrit un quotidien difficile. Le soir des faits, une dispute aurait éclaté. Elle accusait sa belle-mère de lui avoir volé des bijoux et se plaignait d'être « prise pour une bonniche » et de subir des relations sexuelles non consenties. Selon sa version, la querelle a dégénéré lorsque Nabil a versé un liquide inflammable dans son dos avant d'y mettre le feu.
« Oui, très vite, j’avais la volonté de divorcer. »
Un nouveau verdict attendu
Les jurés de la cour d'assises du Var disposent d'une semaine pour réexaminer l'ensemble des preuves et des témoignages. Ils devront se forger leur propre conviction et déterminer si les éléments du dossier sont suffisants pour confirmer la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité.
Ce nouveau procès met une nouvelle fois en lumière la complexité des affaires de violences conjugales, où la parole de la victime est souvent confrontée aux dénégations persistantes de l'accusé. Le verdict, attendu en fin de semaine, est crucial pour toutes les parties impliquées.





