La Place Garibaldi à Nice a un nouveau visage. Une sculpture de l'artiste emblématique niçois Ben, intitulée « L’Art », a été inaugurée ce mercredi 14 janvier 2026. L'œuvre, prêtée par la famille de l'artiste, prend la place laissée vacante par le très débattu Lion bleu de Richard Orlinski, retiré en novembre dernier.
Cette installation temporaire, prévue pour une durée de trois mois, se veut un hommage à Ben et à son épouse Annie, tous deux disparus en juin 2024. L'événement marque un tournant symbolique pour l'une des places les plus fréquentées de la ville, passant d'une œuvre monumentale et colorée à une création plus conceptuelle et sobre.
Les points essentiels
- La sculpture « L’Art » de Ben a été installée sur la Place Garibaldi le 14 janvier 2026.
- Elle remplace le Lion bleu de Richard Orlinski, qui avait suscité une vive polémique.
- L'œuvre est un prêt de la fille de l'artiste, Eva Vautier, pour une durée de trois mois.
- L'inauguration s'est déroulée en présence du maire de Nice, Christian Estrosi, et de proches de l'artiste.
Un hommage à une figure niçoise
C'est en présence d'artistes, de connaisseurs et de proches que la sculpture a été dévoilée. L'œuvre, un simple mot en lettres d'acier corten de 1,80 mètre de haut, a été réalisée par Ben en 1999. Sa présence sur la Place Garibaldi est chargée d'émotion, notamment pour la fille de l'artiste, Eva Vautier.
Très émue lors de l'inauguration, elle a rappelé l'attachement de ses parents à ce lieu. « Ils aimaient vraiment cette place, elle faisait partie de leur paysage, de leur quotidien », a-t-elle confié. Pour elle, installer cette œuvre à proximité du Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain (MAMAC) est un « bel hommage à Annie et Ben ».
« Ben aimait y boire une bière, en regardant les gens passer, en regardant la vie, le soleil… » - Eva Vautier, fille de l'artiste.
La sculpture, par sa simplicité, invite à la réflexion. Le mot « Art », posé au cœur de la cité, interroge directement les passants sur sa définition et sa place dans l'espace public.
Tourner la page de la polémique
Cette nouvelle installation intervient après le départ du Lion de Richard Orlinski. Cette sculpture monumentale de 5 mètres de haut, installée en juin 2023, avait provoqué de nombreuses réactions et critiques au sein de la population et de la classe politique locale.
Une affaire judiciaire en cours
L'exposition des œuvres de Richard Orlinski à Nice avait conduit à l'ouverture d'une enquête par la justice pour des soupçons de corruption et de favoritisme. L'instruction, qui examine les liens entre l'artiste et le couple Estrosi, est toujours en cours. La mairie a toujours affirmé que l'exposition n'avait rien coûté à la ville.
Le maire de Nice, Christian Estrosi, a qualifié l'arrivée de l'œuvre de Ben de « meilleure réponse » aux « vaines polémiques ». Il a souligné que l'art devait susciter le débat, tout en précisant que le Lion d'Orlinski avait été retiré « comme c'était prévu » à la fin de l'exposition temporaire.
Il a également mentionné, non sans ironie, recevoir des pétitions de citoyens regrettant le départ du fauve bleu, signe que l'art, quel qu'il soit, ne laisse jamais indifférent.
Une invitation au débat public
Avec cette nouvelle œuvre, la municipalité semble anticiper et même encourager les discussions. « Alors, oui, sans doute, ça va débattre à Nice, ça va se disputer, ça va argumenter : et tant mieux ! » a déclaré Christian Estrosi lors de son discours.
Caractéristiques de l'œuvre
- Titre : L'Art
- Artiste : Ben (Benjamin Vautier)
- Date de création : 1999
- Matériaux : Acier et corten
- Hauteur : 1,80 mètre
Le maire a anticipé les critiques potentielles : « Il y a ceux qui trouveront que c’est trop petit, ceux qui diront que ce n’est pas à sa place, ceux qui diront qu’ils ne comprennent pas. » Pour lui, cette interaction fait partie intégrante de l'expérience artistique dans l'espace public et constitue un exercice de démocratie.
Dès les premiers instants suivant l'inauguration, les passants se sont approprié l'œuvre. Plusieurs personnes ont été vues se photographiant, passant leur tête à travers les lettres, créant une interaction ludique avec la sculpture.
Une présence éphémère
Les Niçois et les visiteurs n'auront que trois mois pour admirer « L'Art » sur la Place Garibaldi. Passé ce délai, la sculpture retournera dans un lieu plus intime : les jardins de la villa de Ben, située sur les hauteurs de Saint-Pancrace.
Cette installation temporaire s'inscrit dans une volonté de faire vivre l'art dans la ville de manière dynamique, en proposant des œuvres différentes qui suscitent des émotions et des réflexions variées. Après le gigantisme pop du Lion, la place est désormais occupée par une pièce plus intellectuelle, qui rend hommage à un artiste profondément ancré dans l'identité de Nice.
Le choix de Ben, artiste reconnu mondialement mais avant tout « nissart », est un symbole fort. Il replace au centre de la ville une figure locale dont l'écriture simple et percutante a marqué plusieurs générations, bien au-delà des frontières de la Côte d'Azur.





