Les résidents d'un immeuble du quartier Pasteur à Nice vivent une situation difficile à quelques jours des fêtes de fin d'année. Privés de chauffage, d'eau chaude et de gaz pour cuisiner depuis près de deux semaines, ils ont également dû faire face à une panne d'ascenseur et une évacuation d'urgence en raison d'un risque d'intoxication au monoxyde de carbone.
L'essentiel de la situation
- Une coupure de la chaudière principale a privé les habitants de chauffage et d'eau chaude depuis le 12 décembre.
- Un dysfonctionnement de la ventilation a provoqué une alerte au monoxyde de carbone, menant à une évacuation de l'immeuble.
- Une panne d'ascenseur, causée par une fuite d'eau, a isolé certains résidents vulnérables dans leurs appartements.
- Le bailleur social, 1001 Vies Habitat, a distribué des solutions palliatives en attendant la remise en service des installations.
Une série de pannes aux conséquences graves
Pour les habitants de l'immeuble Le Clément, situé au 64 boulevard Pasteur, les problèmes ont commencé le 12 décembre dernier. La chaudière collective de l'immeuble a été coupée, les laissant sans chauffage ni eau chaude en plein mois de décembre. Si les chaudières individuelles permettaient encore de cuisiner, la situation s'est brusquement aggravée une semaine plus tard.
Le vendredi 19 décembre, une résidente, Zoubida, a remarqué un voyant d'alerte sur sa chaudière. « En regardant sur internet, j’ai vu que le code qui s’affichait correspondait à des émanations de monoxyde de carbone, ce qui peut être mortel », explique-t-elle. Face à l'urgence et sans réponse immédiate du bailleur, elle a contacté les pompiers.
L'évacuation en pleine nuit
L'arrivée des secours a confirmé ses craintes. Des mesures ont révélé la présence de gaz, déclenchant une évacuation immédiate de tous les résidents en début de soirée. « Pas le temps de prendre quoi que ce soit, il a fallu partir sur le champ », se souvient Zoubida. Les habitants n'ont pu regagner leur domicile qu'aux alentours d'une heure du matin, après que les pompiers aient sécurisé et aéré l'ensemble des appartements.
L'incident a eu des répercussions sanitaires. Quatre personnes, dont Kylian, un adolescent de 16 ans, se sont senties mal et ont été transportées à l'hôpital par précaution. « Je me suis senti mal, j’avais des nausées », a-t-il confié. Heureusement, aucune intoxication n'a finalement été diagnostiquée, mais le choc reste vif pour les familles.
La cause identifiée
L'enquête technique a révélé que la cause de l'émanation de gaz était un dysfonctionnement de la Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) de l'immeuble. L'absence d'extraction des fumées a rendu l'utilisation des chaudières individuelles dangereuse.
Le quotidien devenu un défi permanent
Depuis l'incident, le gaz est entièrement coupé. Les habitants doivent donc composer sans chauffage, sans eau chaude et sans moyen de cuisson. À l'approche de Noël, l'inquiétude se mêle à l'épuisement.
Les résidents s'organisent avec les moyens du bord. « Pour laver mes petits-enfants, je fais chauffer l’eau au micro-ondes ! », raconte Brigitte, une grand-mère. D'autres ont dû investir dans du matériel d'appoint, comme cette mère d'un bébé d'un an qui a « acheté en catastrophe une plaque de cuisson électrique ».
« Comment faire pour manger quand on ne peut rien cuire depuis vendredi ? Est-ce que ça veut dire qu’on ne pourra pas préparer de vrai repas pour les fêtes de fin d’année ? »
L'isolement des plus fragiles
Pour ne rien arranger, une panne d'ascenseur est survenue au même moment. Une fuite d'eau a provoqué un court-circuit dans le système électrique, plongeant également les couloirs dans le noir. Pour Marie-Douce, asthmatique et vivant au 7ème étage, cette panne a été synonyme d'isolement total.
« Je ne peux pas descendre et remonter à pied. Je n’ai donc pas pu faire de courses, je n’avais plus grand-chose à manger », témoigne-t-elle. Elle a dû attendre que son fils, venu de Marseille, puisse la ravitailler. L'ascenseur a depuis été remis en service, mais l'épisode a marqué les esprits.
La réponse du bailleur et l'attente des habitants
Face à cette situation critique, les locataires ont fait circuler une pétition pour interpeller leur bailleur social, 1001 Vies Habitat. L'organisme se veut rassurant et affirme que ses équipes sont mobilisées.
Les étapes de la remise en service
Le processus pour rétablir le gaz est strict. Après la réparation de la VMC par un technicien, un organisme de contrôle indépendant, Qualigaz, doit inspecter l'installation et délivrer un certificat de conformité. Ce n'est qu'avec ce document que GRDF, le distributeur de gaz, peut procéder à la réouverture des vannes en toute sécurité.
Le bailleur a confirmé que la VMC a été réparée le 22 décembre. « Les chaudières seront remises en service par GRDF, lorsque Qualigaz aura attesté de la conformité de l’installation, dans les prochaines heures », a-t-il précisé le 23 décembre.
En attendant, des solutions temporaires ont été proposées. « Nous avons proposé des chauffages d’appoint et des plaques de cuisson aux familles impactées », a indiqué 1001 Vies Habitat. Une aide bienvenue, même si les habitants s'inquiètent de l'impact sur leur facture d'électricité. Tous espèrent désormais que la situation sera résolue avant de passer à table pour le réveillon de Noël.





