Des milliers de locataires de Côte d'Azur Habitat à Nice font face à des retards importants dans la mise en service de leur chauffage collectif. Des travaux de rénovation effectués cet été sur les chaufferies sont à l'origine de ces contretemps, laissant de nombreuses familles dans le froid alors que les températures baissent.
Points Clés
- Près de 8 000 logements de Côte d'Azur Habitat sont concernés par le chauffage collectif.
- Des travaux de rénovation des chaufferies réalisés cet été ont causé des fuites et des retards.
- Les locataires s'inquiètent des factures d'électricité élevées dues à l'utilisation de chauffages d'appoint.
- La température des logements est réglementée à 19 °C, avec déclenchement des chaudières à 15 °C extérieur.
Des Familles dans l'Attente du Chauffage
Dans plusieurs résidences gérées par Côte d'Azur Habitat, des locataires signalent des radiateurs froids ou à peine tièdes depuis la mi-novembre. Anissa, mère de trois enfants de 7, 10 et 12 ans, résidant rue Fenoglio-de-Briga, a témoigné de cette situation difficile dès le 22 novembre. Dix-huit jours plus tard, elle affirme que le chauffage est « juste tiède ».
La situation est similaire pour Tiffany, qui vit avec ses deux jeunes filles de 3 et 4 ans dans les résidences de Virgile-Barrel et Louis-Braille. Elle décrit des nuits agitées où elle doit se lever pour recouvrir ses enfants, réveillées par le froid. Ces mères de famille se disent contraintes d'utiliser des chauffages d'appoint, ce qui entraîne des coûts supplémentaires en électricité, alors même qu'elles paient déjà le chauffage collectif dans leurs charges.
« Nous sommes malades chacun notre tour. Avec le froid qui fait dans l’appartement, ce n’est pas étonnant. Ils avaient dit qu’ils allumeraient le chauffage entre le 10 et le 15 novembre mais les radiateurs sont toujours froids. »
Le Saviez-vous ?
Environ 8 000 logements de Côte d’Azur Habitat, sur un total de 21 000, bénéficient d'un système de chauffage collectif. Cela représente une part significative de leur parc immobilier.
Des Travaux Estivaux à l'Origine des Problèmes
Manuel Smadja, directeur général de Côte d'Azur Habitat, a expliqué la cause de ces désagréments. Selon lui, d'importants travaux de rénovation ont été effectués sur les chaufferies durant l'été. « Cette année, nous avons effectivement eu plus de problèmes de ce type parce que nous avons fait réaliser d’importants travaux sur les chaufferies pendant l’été », a-t-il précisé.
Bedii Chahed, responsable de maintenance auprès du bailleur social, a détaillé le processus. Les chaudières collectives ont été rénovées pendant la haute saison, nécessitant une vidange complète du réseau. La remise en eau, effectuée en septembre-octobre, a provoqué la dilatation des tuyaux. Ces canalisations, parfois anciennes, se sont abîmées, entraînant l'apparition de fuites.
Un Cycle de Réparations Complexe
La réparation de ces fuites n'est pas simple. « Il n’est pas possible de changer toutes les canalisations. Nous ne pouvons que réparer », a souligné Manuel Smadja. Chaque réparation exige une nouvelle vidange, une purge et une remise en eau du système. Ce processus prend du temps, et une nouvelle fuite peut apparaître ailleurs une fois la réparation initiale terminée, obligeant à recommencer le cycle.
Le directeur général a reconnu que la situation peut sembler longue pour les locataires, mais a insisté sur l'absence d'alternative. Il a également mentionné un changement de prestataires cet été, qui a généré des « difficultés et dysfonctionnements » désormais corrigés. Ces travaux, bien que sources de retards actuels, sont censés améliorer significativement le fonctionnement du chauffage pour les années à venir.
Contexte de la Réglementation
En France, la loi fixe la température ambiante des logements à 19 °C. Les chaudières collectives se déclenchent généralement lorsque la température extérieure atteint 15 °C. Ces seuils visent à optimiser la consommation énergétique tout en assurant un confort minimal.
Charges Locatives et Température Réglementée
Les locataires s'interrogent sur le paiement des charges de chauffage malgré l'absence de service. Manuel Smadja a expliqué que les charges incluent l'entretien et les réparations courantes, ainsi que le coût du gaz. Une régulation est effectuée en fin d'exercice, ce qui signifie que les locataires pourraient payer plus si l'hiver est rigoureux, mais aussi moins si le chauffage a été moins utilisé.
La décision d'allumer les chaudières ne dépend pas de Côte d'Azur Habitat, mais de la météo. Elles se déclenchent automatiquement lorsque la température extérieure atteint 15 °C. Le responsable de maintenance a précisé que la chute brutale des températures cette année a nécessité un temps d'adaptation pour la remise en chauffe des appareils.
Concernant la température intérieure, elle est réglée à 19 °C, conformément à la loi. Manuel Smadja a évoqué une « question de ressenti ». Lorsque les températures extérieures sont douces, les locataires peuvent avoir l'impression que le chauffage est insuffisant en raison du faible écart. Les contrôles de température effectués régulièrement par le bailleur confirment que la majorité des logements atteignent les 19 °C requis.





