Un habitant de Nice a officiellement saisi la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) après avoir reçu un courrier de campagne du député Éric Ciotti. La lettre, qui mentionnait explicitement ses origines belges, soulève des questions sur l'utilisation des données personnelles à des fins politiques, à l'approche des élections municipales de 2026.
Points Clés
- Un citoyen niçois a porté plainte auprès de la Cnil contre Éric Ciotti.
- Il a reçu un courrier de campagne personnalisé mentionnant sa nationalité belge.
- Cette affaire intervient après une perquisition en août dans les locaux du député pour des faits similaires.
- Le plaignant dénonce une possible violation du Règlement général sur la protection des données (RGPD).
Un courrier de campagne qui suscite l'indignation
Le 12 décembre dernier, un résident de Nice a eu la surprise de découvrir dans sa boîte aux lettres une correspondance signée par Éric Ciotti, candidat déclaré à la mairie de Nice pour 2026. Loin d'être un simple tract politique, le courrier était nominatif et faisait directement référence à ses origines.
« Le courrier m'identifie comme membre de la communauté belge de Nice, ce qui est vrai », a expliqué le destinataire. Cependant, il affirme n'avoir jamais eu de contact préalable avec le candidat, son parti, ou toute autre organisation liée à ses activités politiques.
Le sentiment d'une vie privée violée
Pour ce citoyen, la mention de sa nationalité constitue une utilisation de ses données personnelles sans son accord. Il s'interroge sur la provenance de cette information et sur le droit de l'équipe de campagne de l'utiliser pour un démarchage électoral.
« Je n’ai jamais pu consentir à ce que mes données personnelles soient utilisées par cet organisme pour m’inciter clairement à voter pour le candidat qu’il représente », a-t-il insisté, exprimant son mécontentement face à cette méthode.
L'affaire met en lumière les pratiques de ciblage électoral et la frontière, parfois mince, entre communication politique et intrusion dans la sphère privée.
La Cnil saisie pour une possible violation du RGPD
Face à ce qu'il considère comme une pratique illégale, le Niçois a décidé de ne pas en rester là. Il a déposé une plainte formelle auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, l'autorité chargée de veiller à la protection des données personnelles en France.
Qu'est-ce que le RGPD ?
Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) est un texte européen en vigueur depuis 2018. Il encadre strictement le traitement des données personnelles. Il impose notamment d'obtenir le consentement explicite des individus avant de collecter et d'utiliser leurs informations, surtout lorsqu'il s'agit de données sensibles comme l'origine ethnique ou les opinions politiques.
Le plaignant, qui a agi sous le statut de lanceur d'alerte, estime que l'utilisation de sa nationalité pour un ciblage politique est en désaccord avec les principes du RGPD. Il s'inquiète également des conséquences de telles pratiques sur l'équité de la campagne électorale à venir.
Selon lui, si un candidat a accès à des fichiers de données non autorisés, cela pourrait créer un déséquilibre, ne donnant « pas les mêmes chances à tous les candidats engagés pour devenir maire de Nice en mars 2026 ».
Un contexte d'enquête déjà existant
Cette nouvelle plainte ne constitue pas un événement isolé pour l'équipe du député. Elle s'inscrit dans un contexte plus large de suspicion concernant la gestion des fichiers de données personnelles.
Cette opération judiciaire avait été menée dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet de Nice pour « enregistrement ou conservation de données à caractère personnel sensibles sans le consentement des intéressés ». L'enquête initiale avait, elle aussi, été déclenchée par le signalement d'un autre lanceur d'alerte auprès du procureur de la République et de la Cnil.
Ce précédent soulève des questions sur l'existence et l'utilisation de fichiers contenant des informations personnelles détaillées par l'équipe de campagne. La nouvelle plainte vient donc ajouter un élément supplémentaire à un dossier déjà suivi de près par les autorités judiciaires et administratives.
Alors que la campagne pour les municipales de 2026 ne fait que commencer à Nice, la question de la protection des données des citoyens s'invite déjà au cœur du débat politique.





