Le projet d'une liaison souterraine par métro entre Nice et Monaco a été définitivement écarté par le ministre des Transports, Philippe Tabarot. Lors d'une interview exclusive, il a qualifié l'idée de "totalement illusoire", invoquant des coûts prohibitifs et des défis techniques insurmontables, tout en présentant des alternatives jugées plus pragmatiques pour améliorer la mobilité sur la Côte d'Azur.
Points Clés
- Le projet de métro Nice-Monaco est abandonné en raison de son coût estimé à 4 milliards d'euros et de sa complexité technique.
- Des solutions alternatives comme la modernisation de la ligne SNCF et des parkings relais sont privilégiées.
- Un nouveau système de "stupotest" sera déployé dans les cars scolaires pour détecter le protoxyde d'azote et d'autres stupéfiants.
- Le ministre s'oppose à la gratuité des autoroutes, citant l'exemple espagnol comme un "échec cuisant".
- Des mesures sont annoncées pour renforcer la sécurité et la ponctualité à l'aéroport de Nice.
Le rêve d'un métro azuréen s'évanouit
L'idée d'un métro reliant Nice à la Principauté de Monaco, régulièrement évoquée pour désengorger un axe routier saturé, ne verra pas le jour. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a mis un terme aux spéculations en affirmant que le projet n'était pas viable.
"Ce n'est pas viable financièrement, techniquement", a-t-il déclaré. Le coût avancé de 4 milliards d'euros et les difficultés liées à l'emprise foncière rendent le projet irréalisable à ses yeux. Le ministre a qualifié ce projet de transport souterrain de "totalement illusoire" pour un horizon de 20 ou 30 ans.
Des alternatives plus réalistes
Plutôt qu'un grand projet unique, le gouvernement privilégie une approche multimodale. L'accent est mis sur l'amélioration des infrastructures existantes, notamment la Ligne Nouvelle SNCF. Cette modernisation vise à augmenter la fréquence et la fiabilité des trains, qui circulent déjà toutes les quinze minutes aux heures de pointe. D'autres projets, comme la création d'une trémie à Cap-d'Ail et la construction de parkings relais stratégiques, sont considérés comme des solutions plus rapides et efficaces pour fluidifier le trafic quotidien.
Sécurité routière : un nouveau test anti-drogue
La sécurité routière est une autre priorité affichée par le ministre, particulièrement préoccupé par la consommation de protoxyde d'azote au volant. Faisant référence à un accident tragique sur l'A8 ayant coûté la vie à deux infirmières, il a annoncé des mesures fortes.
Un plan baptisé "Joana" va être lancé pour renforcer la sécurité dans les transports scolaires. La mesure la plus notable est le déploiement d'un "stupotest" élargi dans les véhicules. Ce dispositif, qui pourrait être opérationnel dans moins de six mois, détectera le cannabis, la cocaïne, les drogues de synthèse et le protoxyde d'azote.
"Si le test est positif, le véhicule ne démarrera pas", a précisé Philippe Tabarot.
Cette technologie sera d'abord appliquée aux 30 000 conducteurs de cars scolaires du pays. Le ministre a exprimé son souhait d'étendre à terme ce type de contrôle à tous les automobilistes, face à une remontée jugée inquiétante du nombre d'accidents en France.
Avenir des autoroutes et des transports locaux
La fin des concessions de l'A8
Alors que les concessions autoroutières, notamment celle d'Escota pour l'A8, arriveront à échéance entre 2031 et 2036, la question de la gratuité a été balayée. Le ministre a qualifié le modèle espagnol d'"échec cuisant" en raison du manque d'entretien des infrastructures.
Le ministre souhaite que les revenus des péages soient réinvestis pour maintenir un haut niveau d'entretien, décarboner les autoroutes et financer d'autres modes de transport, comme le ferroviaire.
Il a également insisté pour que les concessionnaires actuels réalisent des travaux importants d'ici la fin de leur contrat, comme l'installation de murs antibruit et des études sur de nouveaux échangeurs.
Le tunnel de Tende et la ligne Nice-Breil
Concernant les infrastructures locales, des nouvelles positives ont été annoncées. La ligne ferroviaire Nice-Breil, essentielle pour les vallées, rouvrira officiellement le 15 décembre. Pour le tunnel de Tende, qui fonctionne actuellement avec des horaires restreints, le ministre s'est engagé à demander un élargissement des plages d'ouverture pour les fêtes de fin d'année.
La question d'un passage à double sens reste en suspens. Une décision devra être prise en concertation avec les élus locaux pour trouver un équilibre entre le développement économique de la vallée de la Roya et les nuisances potentielles liées à l'augmentation du trafic.
Aéroport de Nice : vers la fin des retards ?
Les retards récurrents à l'aéroport de Nice Côte d'Azur ont également été abordés. Le ministre a reconnu un problème au niveau du contrôle aérien dans le sud-est de la France. Pour y remédier, plusieurs actions sont prévues.
Trente-cinq contrôleurs aériens supplémentaires seront affectés à la tour de contrôle de Nice au cours des trois prochaines années. De plus, une mesure symbolique mais forte sera mise en place : l'installation d'une pointeuse électronique pour s'assurer de la présence effective du personnel à son poste.
Cette décision fait suite à un incident grave évité de justesse en septembre. Le ministre a souligné la nécessité de moderniser le contrôle aérien français, notamment en intégrant des systèmes d'intelligence artificielle, et d'établir un climat social plus apaisé au sein des équipes.





