À l'approche des élections municipales de 2026 à Nice, une figure inattendue émerge dans le paysage politique local. Jean-Claude Wahid Spach, 53 ans, ancien militant des "gilets jaunes" et opposant au pass sanitaire, a officiellement annoncé sa candidature. Il se présente sous la bannière "Divers-gens", une liste qu'il doit encore constituer.
Sa proposition centrale ne repose pas sur un programme détaillé, mais sur une méthode de gouvernance radicalement différente : l'instauration du référendum systématique pour toutes les décisions majeures impactant la vie des Niçois.
Un parcours militant et une vision singulière
Jean-Claude Wahid Spach n'est pas un nouveau venu sur la scène militante niçoise. Connu pour sa participation active aux manifestations des "gilets jaunes", souvent à vélo, il s'est également mobilisé contre les mesures sanitaires durant la pandémie, tout en précisant ne pas être "contre le vaccin".
Cet ancien propriétaire d'une pizzeria emblématique du Vieux-Nice, comptable de formation, se définit aujourd'hui comme un "régionaliste souverainiste". Son discours est axé sur la décroissance, l'autonomie alimentaire et, surtout, la réappropriation du pouvoir par les citoyens.
Il affirme se lancer dans cette campagne "par sens du devoir", animé par la volonté de "reprendre le contrôle de nos vies et de notre ville".
Les points clés de sa candidature
- Candidature citoyenne : Il mène une liste nommée "Divers-gens" qui reste à former.
- Méthode de gouvernance : Proposition d'un référendum systématique pour les décisions importantes.
- Parcours : Ancien "gilet jaune" et militant anti-pass sanitaire.
- Idéologie : Se revendique "régionaliste souverainiste", prônant la décroissance.
Le référendum comme outil de démocratie directe
Le cœur du projet de Jean-Claude Wahid Spach est de transformer la manière dont les décisions sont prises à l'échelle municipale. Plutôt que de présenter un catalogue de promesses, il propose un mécanisme de consultation permanente.
"Les gens ne votent plus parce qu’ils ont le sentiment que leur opinion ne compte pas. Les politiques ne s’intéressent un petit peu à eux qu’au moment de la campagne, mais une fois élus après ils font ce qu’ils veulent."
Pour contrer ce qu'il perçoit comme une déconnexion entre les élus et les citoyens, il veut que chaque projet structurant soit soumis au vote direct des habitants. Cette approche s'appuie sur sa foi en "l'intelligence collective" pour guider le développement de la ville.
Des maisons de quartier au centre du pouvoir
Pour mettre en œuvre cette démocratie participative, le candidat envisage la création de "maisons de quartier". Ces lieux ne seraient pas de simples centres sociaux, mais de véritables pôles décisionnels locaux. C'est dans ces structures que les débats auraient lieu et que les décisions seraient préparées avant d'être soumises à référendum, déplaçant ainsi le centre de gravité du pouvoir de la mairie vers les quartiers.
Un candidat à contre-courant
Jean-Claude Wahid Spach cultive une image en rupture avec les codes politiques traditionnels. Il se décrit lui-même, non sans une pointe d'humour, comme "SDF et fier de l'être", soulignant son détachement des biens matériels et son engagement au service de la collectivité.
Ce n'est pas sa première tentative électorale. Jean-Claude Wahid Spach s'est déjà présenté aux élections législatives à deux reprises : en 2022 dans la cinquième circonscription et en 2024 dans la première. Il avait obtenu moins de 1 % des suffrages lors de chaque scrutin.
Malgré ces résultats modestes, il reste convaincu du bien-fondé de sa démarche. Pour lui, le véritable enjeu n'est pas tant de gagner que de proposer une "alternative viable et éco-citoyenne" à un système qu'il juge dominé par "l'argent et le consumérisme".
Son discours, souvent chargé d'émotion, vise à remettre "l'humain" et la "solidarité" au centre des préoccupations politiques. Il appelle à un retour aux "principes fondamentaux de l'existence" pour construire une société plus juste et respectueuse de l'environnement.
L'annonce de cette candidature s'inscrit dans un paysage politique niçois déjà en pleine effervescence à plus d'un an du scrutin. Plusieurs figures politiques locales ont déjà manifesté leurs intentions ou sont pressenties pour se lancer dans la course, promettant une campagne animée où les projets pour l'avenir de la cinquième ville de France seront au cœur des débats.
Reste à voir si cette approche, que certains qualifieraient d'utopique, trouvera un écho auprès des électeurs niçois en mars 2026. Jean-Claude Wahid Spach, lui, continue de croire que "à cœur vaillant rien n’est impossible", misant sur l'authenticité de son engagement pour convaincre.





