Le climat politique se tend à Cagnes-sur-Mer à l'approche des élections municipales de 2026. Le maire, Louis Nègre, fait l'objet d'une plainte pénale déposée par son opposant, Philippe Touzeau-Menoni. L'affaire porte sur des soupçons de prise illégale d'intérêts liés au financement d'une cérémonie officielle à Paris.
L'essentiel de l'affaire
- Une plainte pénale pour prise illégale d'intérêts a été déposée contre Louis Nègre, maire de Cagnes-sur-Mer.
- L'accusation concerne des frais liés à sa cérémonie de remise de la Légion d'honneur à Paris.
- Le plaignant, l'élu d'opposition Philippe Touzeau-Menoni, estime que des fonds publics ont couvert des dépenses privées.
- Le maire justifie les dépenses en affirmant que les élus présents l'accompagnaient dans le cadre de leurs fonctions liées aux transports.
Au cœur des accusations : une cérémonie à Paris
L'affaire a éclaté suite au dépôt d'une plainte auprès du procureur de la République de Grasse. Philippe Touzeau-Menoni, conseiller municipal d'opposition et candidat déclaré aux prochaines élections, accuse l'actuel maire, Louis Nègre, d'avoir utilisé des fonds publics à des fins personnelles.
Les faits remonteraient au 17 décembre 2024. Ce jour-là, M. Nègre se trouvait à Paris pour recevoir les insignes de la Légion d'honneur au sein du ministère des Transports. Selon M. Touzeau-Menoni, le financement de cet événement et du déplacement de plusieurs élus aurait été indûment supporté par la commune.
Qu'est-ce que la prise illégale d'intérêts ?
Ce délit, défini par le Code pénal, sanctionne un élu ou un agent public qui prend, reçoit ou conserve, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont il a, au moment de l'acte, en tout ou partie, la charge d'assurer la surveillance, l'administration, la liquidation ou le paiement. L'accusation ici porte sur l'idée que le maire aurait tiré un intérêt personnel (le financement de sa cérémonie) d'une décision qu'il a prise en tant que gestionnaire des fonds publics.
Des dépenses jugées "privées" par l'opposition
Pour le plaignant, la nature de l'événement ne justifiait pas une prise en charge par les contribuables cagnois. Il soutient que le maire « aurait utilisé son pouvoir de gestion pour faire supporter par la collectivité des dépenses relevant exclusivement de sa sphère privée, en dehors de tout intérêt communal ».
L'élu d'opposition va plus loin en affirmant que « le fait de financer des dépenses personnelles par les impôts des Cagnois constitue une infraction pénale ». Cette démarche judiciaire intervient dans un contexte de pré-campagne pour les élections municipales prévues en mars 2026, où les deux hommes seront adversaires.
La défense du maire et de son entourage
Face à la plainte déposée contre lui, Louis Nègre a réagi sobrement, exprimant sa sérénité. Il a déclaré faire entièrement confiance à la justice pour faire la lumière sur cette affaire.
« La justice a été saisie, j’ai confiance en elle et je m’en remets pleinement à elle. »
Le maire a également fourni des explications concernant la présence de plusieurs élus de sa majorité à ses côtés lors de la cérémonie à Paris. Selon lui, leur déplacement n'avait rien de personnel mais s'inscrivait dans le cadre de leurs mandats respectifs.
Des élus présents au titre de leurs fonctions
Pour justifier les frais de déplacement, l'entourage du maire a précisé que les personnes accompagnant M. Nègre étaient là pour des raisons professionnelles. Les élus cités ont tous des délégations en lien direct avec le secteur des transports, thème central de la cérémonie au ministère.
Des délégations liées aux transports
La défense de M. Nègre repose sur la légitimité de la présence des élus qui l'accompagnaient. Il s'agit notamment de :
- Romain Allemant, adjoint chargé de la circulation à la Ville de Cagnes-sur-Mer.
- Amandine Pihouée, conseillère à la gestion des transports au sein de la Métropole Nice Côte d'Azur.
- Noëlle Palazzetti, élue régionale déléguée à la relation avec les usagers des transports en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Leur présence serait donc justifiée par leurs fonctions officielles, transformant un événement personnel en un déplacement d'intérêt pour la collectivité. C'est sur ce point que la justice devra trancher pour déterminer si les dépenses engagées étaient légitimes ou si elles relèvent bien d'une prise illégale d'intérêts.
Un enjeu politique à l'approche des municipales
Cette affaire judiciaire prend une dimension politique évidente. Elle oppose directement deux candidats à la mairie de Cagnes-sur-Mer, à un peu plus d'un an du scrutin. Pour Philippe Touzeau-Menoni, cette plainte est une manière de marquer son opposition à la gestion de l'équipe en place.
Pour la majorité municipale, il s'agit d'une manœuvre politique visant à déstabiliser le maire sortant. La décision du procureur de la République de Grasse de donner suite ou non à cette plainte sera une étape cruciale. Si une enquête est ouverte, l'affaire pourrait durablement marquer la campagne électorale à venir.
L'issue de cette procédure judiciaire sera donc suivie avec attention, tant par les habitants de Cagnes-sur-Mer que par les observateurs de la vie politique locale. Elle déterminera si les faits reprochés relèvent d'une simple divergence d'interprétation sur la nature des dépenses ou d'une réelle infraction pénale.





