La municipalité de Nice a annoncé la mise en place prochaine d'une contribution incitative visant les locaux commerciaux inoccupés depuis plus de deux ans. Cette initiative, présentée le 7 novembre par le maire Christian Estrosi, a pour objectif de redynamiser les quartiers et de soutenir l'économie de proximité en luttant contre les vitrines aux rideaux baissés.
Bien que la ville affiche un taux de vacance commerciale inférieur à la moyenne nationale, la mairie souhaite réduire davantage ce chiffre pour renforcer l'attractivité de ses rues. La mesure, qui entrera en vigueur en 2027, se veut avant tout un encouragement pour les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché locatif.
Points Clés
- Instauration d'une contribution sur les locaux commerciaux vacants depuis plus de deux ans.
- L'objectif est d'inciter les propriétaires à relouer leurs biens, et non de générer des revenus pour la ville.
- Le taux de vacance commerciale à Nice est de 8 %, contre 10,64 % en France.
- La mesure sera mise en œuvre en 2027, après une phase de concertation et d'accompagnement.
- Les fonds collectés seront intégralement réinvestis dans le soutien au commerce niçois.
Une réponse à un enjeu d'attractivité
Lors d'une réunion avec les représentants du commerce niçois, le maire Christian Estrosi a souligné l'impact négatif des vitrines vides. « Les Niçois ne veulent pas voir des rideaux baissés en bas de chez eux », a-t-il déclaré, expliquant que chaque local inoccupé nuit à l'image et à la vitalité d'un quartier. À l'inverse, il a rappelé que « chaque commerce qui s’installe, c’est de l’emploi, de la vie, et de la fierté pour Nice ».
Cette nouvelle mesure s'inscrit dans une stratégie plus large de revitalisation urbaine. La ville a déjà mené plusieurs opérations de requalification et de verdissement dans des artères importantes comme la rue Bonaparte, le boulevard Gambetta ou encore l'avenue Notre-Dame. Ces efforts ont porté leurs fruits, notamment rue de la Liberté.
Un succès concret
Grâce aux efforts de requalification, le taux de vacance commerciale sur la rue de la Liberté est passé de 7 % en 2019 à 0 % aujourd'hui. Ce résultat démontre l'efficacité des interventions ciblées pour redynamiser une artère commerciale.
La décision d'instaurer cette contribution sera examinée lors du Conseil municipal du 14 novembre. Elle fait partie intégrante du rapport d'orientation budgétaire pour 2026, signalant une priorité claire pour l'administration municipale.
Le fonctionnement de la contribution incitative
La mesure n'a pas été conçue comme une sanction, mais comme un levier pour encourager l'action. Le maire a insisté sur ce point : « Nous ne souhaitons pas générer de nouvelles recettes, mais inciter les propriétaires à relouer leurs locaux ». Cette approche se veut collaborative plutôt que punitive.
Qui sera concerné ?
La contribution s'appliquera uniquement aux locaux commerciaux vacants depuis plus de deux années consécutives. Pour éviter de pénaliser les propriétaires de bonne foi, plusieurs exceptions sont prévues. Ne seront pas concernés les biens :
- Proposés à la location ou à la vente à un prix de marché.
- Actuellement en travaux de rénovation.
- Ayant subi un sinistre rendant leur exploitation impossible.
- Inclus dans un projet de développement validé par la collectivité.
Cette approche ciblée vise à identifier les situations de vacance prolongée qui pourraient être résolues par une simple remise sur le marché.
Une application progressive
Le taux de la contribution sera progressif, conformément à la législation en vigueur. Il sera fixé à 10 % la première année d'application, passera à 15 % la deuxième année, puis à 20 % pour les années suivantes. Cette progressivité est pensée pour donner le temps aux propriétaires de trouver une solution pour leur bien avant que la charge fiscale ne devienne trop importante.
« L’intégralité des sommes perçues sera réinvestie au profit du commerce niçois. » - Christian Estrosi, Maire de Nice.
Cette promesse vise à rassurer les acteurs économiques locaux. L'argent collecté ne servira pas à financer d'autres postes de dépenses de la ville, mais sera directement réinjecté dans des actions de soutien aux commerçants, créant ainsi un cercle vertueux.
Un calendrier en deux temps
La mise en œuvre de cette nouvelle politique se fera de manière graduelle. La municipalité a prévu une longue période de préparation avant l'application effective de la contribution.
Contexte national de la vacance commerciale
À l'échelle nationale, la vacance commerciale est un défi majeur pour de nombreuses villes moyennes et grandes. Le taux moyen en France s'établit à 10,64 %. Avec un taux de 8 %, Nice se situe en dessous de cette moyenne, mais la municipalité considère que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour maintenir et améliorer la vitalité de son tissu économique local.
La première phase, qui s'étendra sur toute l'année 2026, sera consacrée à l'information et à la concertation. Les services de la ville prendront contact avec chaque propriétaire concerné pour leur expliquer le dispositif. Un accompagnement personnalisé d'une durée d'un an leur sera proposé pour les aider à trouver des solutions adaptées : recherche de locataires, aide aux démarches administratives, ou encore orientation vers des dispositifs de rénovation.
Ce n'est qu'à partir de 2027 que la contribution sera effectivement appliquée aux locaux qui resteront vacants malgré l'accompagnement proposé. Ce délai important doit permettre d'éviter les situations injustes et de s'assurer que seuls les propriétaires ne manifestant aucune volonté de remettre leur bien sur le marché soient concernés.
Cette initiative est saluée par les représentants des commerçants, comme Jean-Marie Debaisieux de la Fédération du Commerce Niçois et de l’Artisanat, et Fred Ghintran de l'UMIH, qui voient en cette mesure un outil supplémentaire pour renforcer l'écosystème commercial de la ville et garantir des rues vivantes et animées pour tous les Niçois.





