La taxe d'habitation sur les résidences secondaires constitue désormais un enjeu financier crucial pour de nombreuses municipalités françaises. En 2024, cet impôt a généré près de 3,9 milliards d'euros pour les villes du pays, devenant une source de revenus essentielle depuis l'abolition de la taxe sur les résidences principales en 2023.
La Côte d'Azur se distingue particulièrement dans ce tableau, avec plusieurs de ses villes figurant parmi les plus grandes bénéficiaires, souvent grâce à l'application de majorations significatives.
Points Clés
- La taxe d'habitation sur les résidences secondaires a rapporté 3,9 milliards d'euros aux villes en 2024.
- Paris est la ville qui perçoit le plus, avec 334,2 millions d'euros.
- Nice arrive en deuxième position avec 63,8 millions d'euros, suivie par Cannes et Marseille.
- De nombreuses villes de la Côte d'Azur appliquent des majorations élevées sur cette taxe.
- Le montant moyen payé par les propriétaires azuréens dépasse souvent la moyenne nationale de 1125 euros.
Paris en tête des recettes
La capitale française, Paris, se positionne en tête des villes bénéficiaires de cette taxe. Elle a collecté à elle seule 334,2 millions d'euros en 2024. Ce chiffre illustre l'importance des résidences secondaires dans le parc immobilier parisien et l'impact direct de cet impôt sur les finances locales.
L'abrogation de la taxe d'habitation sur les résidences principales a en effet reporté une partie de la charge fiscale sur les propriétaires de biens secondaires, une mesure qui a des conséquences variables selon les territoires.
Un Chiffre Clé
En 2024, la taxe d'habitation sur les résidences secondaires a représenté près de 3,9 milliards d'euros de recettes pour l'ensemble des communes françaises.
La Côte d'Azur, un pôle majeur
La région Provence-Alpes-Côte d'Azur, et plus spécifiquement les Alpes-Maritimes, se révèle être un acteur majeur dans la collecte de cette taxe. Le statut de destination de vacances privilégiée pour de nombreux investisseurs explique en partie ces montants élevés.
Nice, la capitale azuréenne, a ainsi récolté 63,8 millions d'euros. Ce montant, bien que légèrement supérieur aux recettes nettes effectivement encaissées par la municipalité (environ 50 millions d'euros), la place en deuxième position nationale derrière Paris. C'est un indicateur fort de la concentration de résidences secondaires dans la ville.
Des villes azuréennes dans le top 5
Après Nice, d'autres villes emblématiques de la Côte d'Azur figurent également en bonne place dans ce classement. Cannes se classe troisième avec 44,2 millions d'euros de recettes, tandis qu'Antibes occupe la cinquième place avec 28,8 millions d'euros. Ces chiffres témoignent de l'attractivité de ces communes pour l'investissement immobilier de loisir.
Marseille, grande métropole du sud, se positionne quant à elle à la quatrième place, avec 43 millions d'euros perçus grâce à cette taxe. Cette présence souligne l'importance des résidences secondaires même dans des villes à forte population permanente.
« La taxe d'habitation sur les résidences secondaires est devenue une composante essentielle des budgets municipaux, particulièrement dans les zones touristiques. Elle permet de financer les services publics locaux tout en répondant aux besoins d'une population fluctuante. »
La majoration, un levier fiscal local
Un facteur clé expliquant les recettes élevées de certaines communes azuréennes est l'application d'une majoration sur la taxe d'habitation des résidences secondaires. À l'échelle nationale, seulement 4% des communes ont choisi de mettre en œuvre cette option fiscale.
Parmi ces villes, Nice applique le taux maximum de 60% de majoration. Menton fait de même avec 60%. Antibes a opté pour une majoration de 40%, et Mandelieu-la-Napoule de 50%. Ces décisions locales ont un impact direct et significatif sur le montant final payé par les propriétaires.
Comprendre la Majoration
La majoration de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires est une mesure que les communes peuvent décider d'appliquer. Elle permet d'augmenter le montant de l'impôt pour les propriétaires de ces biens, dans le but de générer des recettes supplémentaires ou de réguler le marché du logement local.
Cannes, une exception notable
Fait intéressant, Cannes, pourtant troisième en termes de recettes globales, n'a pas mis en place cette majoration. La ville a choisi de ne pas "matraquer" davantage les propriétaires de résidences secondaires, s'appuyant plutôt sur le volume important de ces biens pour générer ses revenus fiscaux.
Cette approche contraste avec celle de ses voisines, démontrant des stratégies fiscales différentes au sein de la même région.
Des montants moyens élevés pour les propriétaires
Pour les propriétaires de résidences secondaires sur la Côte d'Azur, le montant annuel de cette taxe est souvent bien supérieur à la moyenne nationale, qui s'établit à 1125 euros en 2024.
- À Paris, le montant moyen est de 2783 euros par an.
- À Nice, les propriétaires déboursent en moyenne 2360 euros par an, se classant ainsi deuxième au niveau national.
- Les Mandolociens (Mandelieu-la-Napoule) paient 2245 euros en moyenne, un montant supérieur à celui de grandes villes comme Lyon (2033 euros).
D'autres communes affichent des montants légèrement inférieurs mais restent significatifs :
- Cannes: 1867 euros
- Menton: 1772 euros
- Antibes: 1728 euros
Ces chiffres soulignent la charge fiscale importante pour les propriétaires de résidences secondaires dans ces zones prisées.
L'impact dans le Var
Le département du Var bénéficie également de cette taxe. Des villes comme Saint-Raphaël et Fréjus génèrent des recettes importantes, avec respectivement 18,2 millions d'euros et 17,6 millions d'euros.
Cependant, pour les contribuables varois, le montant moyen de la taxe se rapproche davantage de la moyenne nationale. À Saint-Raphaël, il est de 1417 euros, et à Fréjus, de 1421 euros. Ces montants, bien que supérieurs à la moyenne nationale, sont moins élevés que ceux constatés dans les Alpes-Maritimes, où les majorations sont plus fréquentes et plus importantes.
Cette situation fiscale met en lumière les disparités territoriales et l'autonomie des collectivités locales à adapter leur politique fiscale en fonction de leurs enjeux et de la composition de leur parc immobilier. La taxe d'habitation sur les résidences secondaires reste un levier financier majeur pour les municipalités, en particulier celles situées dans des zones touristiques attractives.





