Alors que de nombreuses grandes villes françaises voient leurs rues commerçantes se vider, Nice affiche une santé insolente. Une étude récente révèle une baisse significative du nombre de locaux commerciaux inoccupés dans la capitale azuréenne au cours des cinq dernières années, une tendance qui va à l'encontre du phénomène national.
Cette dynamique positive est le fruit d'une activité économique locale robuste et est soutenue par des mesures municipales visant à encourager l'occupation des vitrines. La ville se positionne ainsi comme un exemple de résilience pour le commerce de proximité.
Points Clés
- Le taux de vacance commerciale à Nice est passé de 8,8 % en 2019 à 8,4 % en 2024.
- Cette baisse de 0,5 point place Nice parmi les dix grandes villes françaises ayant le plus réduit leur nombre de locaux vides.
- La moyenne nationale de la vacance commerciale dans les villes de même taille a, au contraire, augmenté de 2,1 points sur la même période.
- Une nouvelle taxe sur les locaux vacants depuis plus de deux ans sera mise en place par la mairie en 2027 pour renforcer cette tendance.
Une vitalité commerciale à contre-courant
Les centres-villes français souffrent. Partout, les rideaux baissés se multiplient, victimes de la concurrence du e-commerce et des changements d'habitudes de consommation. Pourtant, Nice semble échapper à cette fatalité. Selon un rapport indépendant commandé par la Fédération des Acteurs du Commerce dans les Territoires (FACT), la ville affiche une amélioration notable.
En 2024, le taux de locaux commerciaux vides s'établit à 8,4 %. Cinq ans plus tôt, en 2019, ce chiffre atteignait 8,8 %. Cette diminution, bien que modeste en apparence, représente une performance remarquable dans le contexte actuel. Elle témoigne d'une dynamique économique locale qui parvient non seulement à se maintenir, mais aussi à progresser.
Une exception française
Alors que Nice a vu son taux de vacance baisser de 0,5 point, la moyenne des villes françaises de plus de 100 000 habitants a connu une hausse de 2,1 points sur la même période de cinq ans, soulignant la performance niçoise.
Comment Nice se compare-t-elle aux autres métropoles ?
La performance de Nice la classe au neuvième rang des villes de plus de 100 000 habitants ayant le plus fortement réduit leur taux de vacance. Ce classement la place devant de nombreuses autres métropoles qui peinent à inverser la tendance.
La comparaison avec sa voisine Marseille est parlante. Bien que la cité phocéenne ait enregistré une baisse plus importante (-0,7 point), son taux de départ était beaucoup plus élevé. En 2024, Marseille affiche encore un taux de vacance de 13,5 %, l'un des plus élevés de France.
Les champions de la redynamisation
Certaines villes font encore mieux. Besançon, par exemple, a réussi à réduire son nombre d'enseignes fermées de 3,8 points, atteignant un taux de 8,4 % en 2024, similaire à celui de Nice. La palme revient cependant à Annecy, qui affiche le taux de vacance le plus faible de France, avec seulement 4,1 % de locaux inoccupés.
Un secteur créateur d'emplois
La bonne santé du commerce niçois s'inscrit dans une tendance de fond plus large. Le secteur du commerce et de la restauration reste un pilier de l'économie française. Entre 2006 et 2024, il a été un moteur de création d'emplois significatif.
Les chiffres nationaux montrent une augmentation de 26 % de l'emploi salarié dans ces filières sur cette période. Cela représente la création de 606 000 nouveaux postes en France, illustrant l'importance de maintenir des centres-villes dynamiques et attractifs.
L'importance du commerce de proximité
Au-delà des chiffres, le commerce de proximité joue un rôle essentiel dans la vie sociale des quartiers. Il crée du lien, anime les rues et contribue à la qualité de vie des habitants. Sa préservation est un enjeu majeur pour les municipalités.
Une politique municipale volontariste
Pour consolider cette tendance positive, la municipalité de Nice a décidé de prendre des mesures fortes. Dès 2027, une nouvelle pénalité sera appliquée aux propriétaires qui laissent leurs locaux commerciaux vides de manière prolongée.
Cette « contribution incitative » ciblera les propriétaires qui refusent de louer leurs biens pendant plus de deux ans. L'objectif est de lutter contre la spéculation immobilière qui maintient artificiellement des locaux hors du marché. La mairie a précisé que cette mesure ne concernera pas les propriétaires rencontrant de réelles difficultés financières.
« L'argent perçu sera versé aux associations de professionnels pour valoriser l’activité locale », a expliqué le maire, Christian Estrosi, lors de l'annonce de cette mesure.
Cette initiative, réclamée de longue date par la Fédération du commerce niçois et de l’artisanat (FCNA), vise à remettre sur le marché des locaux inoccupés et à encourager l'installation de nouveaux commerçants. Elle s'ajoute aux efforts déjà en place pour rendre le centre-ville plus attractif et soutenir l'économie locale.





