Après neuf mois de travaux intensifs, le boulevard de Riquier à Nice présente un visage entièrement rénové. Entre l'ajout d'espaces verts et les nouvelles mesures de sécurité, ce projet d'envergure a transformé le quotidien du quartier. Cependant, si de nombreux habitants saluent l'amélioration esthétique et le calme retrouvé, des commerçants et cyclistes expriment des réserves importantes.
Points Clés
- Le chantier du boulevard de Riquier a duré neuf mois, de mars à fin décembre.
- Les aménagements incluent des trottoirs élargis, 500 m² d'espaces verts supplémentaires et une limitation de vitesse à 30 km/h.
- Les riverains apprécient majoritairement l'esthétique et la réduction du bruit.
- Des critiques concernent l'absence de piste cyclable dédiée et l'impact économique sur les commerces locaux.
Une transformation axée sur la verdure et la sécurité
Le projet de réaménagement du boulevard de Riquier, qui s'est achevé à la fin de l'année, visait à améliorer la qualité de vie des résidents. Les travaux ont permis de reconfigurer l'espace public pour donner plus de place aux piétons et à la nature.
Les trottoirs ont été élargis pour faciliter la circulation des piétons. Une attention particulière a été portée à la végétalisation, avec la création de 500 mètres carrés d'espaces verts et la plantation de six nouveaux arbres. Ces aménagements ont également permis de désimperméabiliser les sols, une mesure importante pour la gestion des eaux de pluie.
Les chiffres du chantier
- Durée : 9 mois
- Végétalisation : +500 m²
- Arbres plantés : 6
- Nouvelle limitation de vitesse : 30 km/h
Sur le plan de la sécurité routière, la vitesse est désormais limitée à 30 km/h sur l'ensemble du boulevard. Pour garantir le respect de cette limitation, des plateaux traversants ont été installés. Le mobilier urbain, comme les bancs et les arceaux pour vélos, a également été renouvelé et complété.
Des habitants globalement satisfaits
Sur place, l'accueil des habitants est majoritairement positif. Beaucoup soulignent l'amélioration visuelle et le gain en tranquillité. Christian, 75 ans, ne cache pas son enthousiasme : « C’est mieux, bien sûr ! Plus on met de verdure, mieux c’est ! »
Ce sentiment est partagé par Joëlle, qui travaille sur le boulevard. « C’est joli, ces petits parterres », commente-t-elle, tout en espérant qu'ils seront respectés. Pour Paloma, une jeune salariée du quartier, la végétalisation donne un véritable « coup de neuf » à l'artère.
« Ils ont refait le goudronnage un peu partout dans le quartier. C’est pas mal parce que c’est moins bruyant qu’avant », explique Dominique, 75 ans.
L'aspect esthétique est souvent mis en avant. Patricia, 49 ans, trouve que les aménagements donnent « un petit côté parisien » au boulevard, une touche de modernité appréciée par de nombreux passants.
Des critiques et des inquiétudes persistent
Malgré l'accueil favorable, plusieurs points noirs viennent nuancer le bilan. Le plus important concerne l'absence d'une piste cyclable dédiée, une critique déjà formulée par les associations de cyclistes lors de la présentation du projet.
La déception des cyclistes
Cyril, 53 ans, exprime son mécontentement : « On est supposés rouler à vélo sur la voie de bus mais ce n’est pas sécurisant. Je préfère me mettre sur la gauche de la chaussée, avec les voitures. » Cette situation crée un sentiment d'insécurité pour les usagers du vélo qui espéraient un aménagement plus ambitieux.
Le défi de la cohabitation
L'aménagement des pistes cyclables est un enjeu majeur dans de nombreuses villes. À Nice, la cohabitation entre bus, voitures et vélos sur les mêmes voies reste une source de tension et de débats sur la meilleure manière de partager l'espace public de façon sécurisée pour tous.
L'impact sur les commerces locaux
Pour certains commerçants, la longue période de travaux a eu des conséquences financières directes. Sarah Galdeano, gérante de la boulangerie L’Artiste Pain, a subi une perte significative.
« J’ai perdu 25 000 euros. C’est joli, certes, mais ça ne m’amène pas plus de clients », déplore-t-elle. Elle regrette d'avoir été prévenue trop tardivement du début du chantier, ce qui l'a empêchée d'ajuster ses investissements. Aujourd'hui, elle souhaite agrandir sa terrasse mais se heurte à des démarches administratives complexes.
Des aménagements de sécurité jugés insuffisants
Certains aspects de la rénovation laissent des habitants perplexes. Jean-Marie, 70 ans et résident du boulevard, estime que les nouveaux ralentisseurs ne sont pas efficaces. « Ces sortes de plateaux traversants… Eh bien, ils ne ralentissent pas grand-chose ! », observe-t-il.
Il pointe également du doigt la réorganisation des passages piétons. « Avant, il y en avait à chaque intersection. Maintenant, quand il y a un croisement, il n’y en a plus qu’un sur deux. C’est moins bien pour la visibilité des piétons », ajoute Patricia. Cette modification, probablement destinée à fluidifier le trafic, suscite des inquiétudes quant à la sécurité des plus vulnérables.
Le nouveau boulevard de Riquier marque une étape dans la transformation de Nice, avec une volonté affichée de créer un environnement plus agréable et plus sûr. Si le pari esthétique semble réussi aux yeux de beaucoup, les ajustements nécessaires pour satisfaire tous les usagers, notamment les cyclistes et les commerçants, restent un défi à relever.





