Un chantier a débuté sur la plage des Bains Militaires à Nice. L'ancien restaurant du Vivier Véran, abandonné depuis une dizaine d'années, fait l'objet d'une démolition partielle. Cette décision, prise pour des raisons de sécurité, vise à préserver la structure historique du site, un élément important du patrimoine local et de l'équilibre du littoral.
Les autorités ont confirmé que seule l'extension construite dans les années 1960 sera détruite. La base en pierre d'origine, datant du XIXe siècle, sera quant à elle intégralement conservée pour son rôle patrimonial et environnemental.
L'essentiel
- Une opération de démolition partielle vise l'ancien restaurant du Vivier Véran à Nice.
- Seule la structure ajoutée dans les années 1960, jugée dangereuse, est concernée.
- La base historique en pierre du vivier, datant du XIXe siècle, sera préservée.
- Le chantier n'empêchera pas l'accès à la plage des Bains Militaires.
Une intervention nécessaire pour la sécurité publique
Le bâtiment abandonné, qui surplombe la célèbre plage de galets des Bains Militaires, présentait des signes de dégradation avancée. Après plusieurs expertises, les services de la préfecture des Alpes-Maritimes ont conclu que la partie la plus récente de la structure représentait un risque pour la sécurité.
Cette partie, ajoutée dans les années 1960 pour abriter un restaurant de poissons, n'a pas la même robustesse que la base historique sur laquelle elle repose. Laissée à l'abandon depuis près de dix ans, elle a subi les assauts du temps et de l'air marin, rendant une intervention inévitable.
Les autorités ont donc décidé de procéder à une démolition ciblée. L'objectif est clair : éliminer le danger structurel tout en protégeant un héritage historique et un élément clé du paysage niçois.
Un site chargé d'histoire maritime
Avant de devenir un restaurant puis une friche, le Vivier Véran était un lieu central de la vie maritime du quartier. Son histoire remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque deux bassins furent construits sur les vestiges de l'ancien Lazaret de Nice.
Du Lazaret aux viviers
Le Lazaret de Nice, établi au XVIIe siècle, était un lieu de quarantaine pour les navires et les marchandises afin de prévenir la propagation des épidémies. Après sa désaffectation, le site a été réaménagé, laissant place à de nouvelles activités maritimes comme le Vivier Véran.
Ces viviers étaient dédiés à l'élevage de poissons et de langoustes. Ils jouaient un rôle économique important, approvisionnant les restaurants et les marchés locaux en produits de la mer frais. C'était un symbole de l'activité économique tournée vers la Méditerranée.
Au fil des décennies, le site a connu plusieurs transformations. Dans les années 1940, l'un des deux bassins a été intégré au centre nautique voisin. Le second a connu une tout autre destinée avec la construction du restaurant dans les années 1960, une surélévation qui est aujourd'hui au cœur des préoccupations.
La préservation d'un patrimoine essentiel
La décision de ne démolir que l'extension des années 60 n'est pas anodine. La structure originelle du vivier, construite en pierre, est considérée comme un élément patrimonial à part entière. Elle témoigne d'un passé maritime et d'un savoir-faire architectural ancien.
Mais son importance va au-delà de l'aspect historique. Les services de l'État soulignent son rôle fondamental dans la protection du littoral. En effet, la base en pierre du Vivier Véran agit comme une barrière naturelle qui contribue à la stabilité sédimentaire de la plage.
Un rempart naturel pour la plage
La structure historique du vivier aide à retenir les galets et à limiter leur dispersion par les courants marins. Sa préservation est donc cruciale pour maintenir l'intégrité de la plage des Bains Militaires, un espace très fréquenté par les Niçois et les touristes tout au long de l'année.
Cette double fonction, patrimoniale et environnementale, justifie pleinement le choix d'une démolition partielle. Il s'agit de trouver un équilibre entre la mise en sécurité du site et la conservation de ce qui fait sa valeur historique et son utilité écologique.
Quel impact pour les usagers de la plage ?
Les habitués de la plage des Bains Militaires, un lieu rendu célèbre par le film Brice de Nice, peuvent être rassurés. Les autorités ont veillé à minimiser l'impact du chantier sur l'accès au site.
La plage restera ouverte au public pendant toute la durée des travaux. Une zone de sécurité sera bien sûr délimitée autour du chantier, mais il sera toujours possible de profiter du soleil et de la baignade.
Seul petit désagrément à prévoir : les douches publiques situées à proximité du vivier seront temporairement mises hors service. Cette mesure est nécessaire pour garantir la sécurité et le bon déroulement des opérations de démolition.
Le chantier marque une nouvelle étape dans la longue histoire de ce lieu emblématique de la côte niçoise. En se séparant de sa partie la plus fragile, le Vivier Véran se prépare peut-être à un nouvel avenir, tout en assurant la pérennité de son héritage historique.





