Un couple a comparu devant le tribunal de Nice cette semaine pour avoir abandonné ses deux chiens dans un appartement pendant plusieurs jours en janvier dernier. Les animaux, un dogue argentin et un american staffordshire terrier, ont été retrouvés dans un état de détresse extrême alors que leurs propriétaires étaient en voyage aux États-Unis.
Points Clés
- Un couple est jugé pour avoir abandonné deux chiens catégorisés à Nice.
- Les animaux ont été laissés sans nourriture, attachés et muselés pendant au moins dix jours.
- Plusieurs associations de protection animale se sont portées partie civile.
- L'un des chiens, traumatisé, est jugé trop dangereux pour être adopté.
- Le délibéré du tribunal sera rendu le 4 décembre prochain.
L'audience au tribunal correctionnel
Le mardi 18 novembre 2025, un jeune couple s'est présenté à la barre du tribunal correctionnel de Nice. Les prévenus devaient répondre d'actes de cruauté et d'abandon sur leurs deux chiens, des faits qui remontent au mois de janvier.
Durant l'audience, les propriétaires ont affirmé avoir confié la garde de leurs animaux à une tierce personne le temps de leur séjour aux États-Unis. Cependant, ils n'ont jamais révélé l'identité de cet individu, une défense qui n'a pas manqué de soulever des questions.
Le procureur de la République a requis une amende de 100 euros pour chaque prévenu. Il a également demandé le remboursement intégral des frais vétérinaires et des coûts de garde engagés depuis la saisie des animaux, qui s'élèvent à plusieurs milliers d'euros.
Une découverte alarmante en janvier
L'affaire a débuté en janvier dernier, lorsque les deux chiens ont été découverts seuls dans l'appartement de leurs maîtres à Nice. Ils avaient été laissés sans eau ni nourriture pendant une période estimée à au moins dix jours.
Les conditions dans lesquelles ils ont été trouvés étaient particulièrement choquantes. Les animaux étaient non seulement attachés et muselés, les empêchant de se nourrir ou de boire même s'il y avait eu des provisions, mais ils présentaient aussi des signes de souffrance intense.
Un état de santé critique
Les vétérinaires ont diagnostiqué un état de "cachexie", c'est-à-dire une maigreur extrême due à la dénutrition. Les chiens souffraient également d'"escarres sanguinolentes" et présentaient des blessures liées à de l'"automutilation", un comportement souvent provoqué par un stress et une angoisse intenses.
La mobilisation des associations
Face à la gravité des faits, plusieurs organisations de défense des animaux se sont portées partie civile dans ce procès. La Fondation Brigitte Bardot et la SPA, entre autres, ont pris la parole pour défendre les droits des deux victimes.
Leurs avocats ont réclamé des dommages et intérêts allant de 800 à 2 000 euros. Mais leur demande principale porte sur l'avenir : toutes les associations ont exigé une interdiction définitive pour le couple de détenir un animal. Elles ont également demandé que la propriété des chiens leur soit officiellement cédée afin de pouvoir leur assurer un avenir sûr.
"Il est impératif que ces personnes ne puissent plus jamais être responsables de la vie d'un animal. Nous demandons une peine exemplaire pour que de tels actes ne restent pas impunis", a souligné le représentant d'une des associations.
Quel avenir pour les deux rescapés ?
Depuis leur sauvetage, les deux chiens ont été pris en charge par des structures spécialisées. Leur parcours vers la guérison est cependant très différent.
Le dogue argentin a bien récupéré physiquement et psychologiquement. Une fois les procédures judiciaires terminées, il pourra être proposé à l'adoption dans une nouvelle famille capable de lui offrir un environnement stable et aimant.
Malheureusement, le sort de l'american staffordshire terrier est plus incertain. Profondément traumatisé par l'abandon et les mauvais traitements, il a développé des troubles du comportement importants. Les experts le jugent aujourd'hui trop dangereux pour être placé dans un foyer, compromettant lourdement ses chances de connaître une nouvelle vie.
La législation sur les chiens catégorisés
L'enquête a également révélé que le couple n'avait pas respecté les obligations légales liées à la détention de chiens de catégorie. Le dogue argentin et l'american staffordshire terrier sont considérés comme des chiens potentiellement dangereux, ce qui impose à leurs propriétaires des démarches strictes : déclaration en mairie, assurance responsabilité civile, évaluation comportementale et obtention d'un permis de détention. Ces manquements constituent une infraction supplémentaire.
Le tribunal a mis sa décision en délibéré. Le sort du couple et l'avenir des deux chiens seront scellés le 4 décembre prochain, date à laquelle le jugement sera rendu.





