Un mouvement de grève national est annoncé dans les magasins Fnac pour les vendredi 28 et samedi 29 novembre 2025, coïncidant avec le week-end du Black Friday. L'appel, lancé par l'intersyndicale CGT-Sud, vise à obtenir des augmentations de salaire face à l'inflation et à dénoncer une dégradation des conditions de travail. Les magasins de Nice et Cannes devraient être particulièrement touchés par cette mobilisation.
Cette action, baptisée « Red Friday », intervient durant l'une des périodes commerciales les plus importantes de l'année pour l'enseigne, spécialisée dans les produits culturels et technologiques. Les syndicats espèrent ainsi maximiser l'impact de leurs revendications, qui portent sur la revalorisation des salaires et la juste répartition des richesses générées par les employés.
Les points clés de la mobilisation
- Dates : Vendredi 28 et samedi 29 novembre 2025, en plein Black Friday.
- Revendication principale : Augmentation des salaires au niveau de l'inflation.
- Contexte : 86 % des salariés de la Fnac touchent un salaire de base au niveau du SMIC.
- Impact local : Mobilisation confirmée dans les magasins de Nice et Cannes dès le vendredi.
- Autres motifs : Réduction des effectifs et dégradation de la qualité du service client.
Des salaires qui ne suivent pas l'inflation
Au cœur des tensions se trouve la question du pouvoir d'achat. L'intersyndicale CGT-Sud met en avant une situation jugée critique pour une majorité d'employés. Selon les chiffres communiqués, 86 % des salariés de l'enseigne perçoivent un salaire de base équivalent au SMIC, soit 1 426 euros net par mois.
Face à une inflation persistante, les syndicats réclament des « augmentations de salaire au niveau de l'inflation » pour garantir des conditions de vie décentes aux travailleurs. Ils estiment que les efforts fournis par les équipes, notamment pendant les pics d'activité comme le Black Friday, ne sont pas récompensés à leur juste valeur.
Le mouvement s'oppose également à un projet de la direction visant à intégrer la part variable des rémunérations dans le salaire de base. Les syndicats craignent que cette mesure ne masque une stagnation, voire une baisse, du revenu global pour de nombreux employés, tout en mettant fin aux augmentations automatiques prévues par la convention collective.
La réduction des effectifs, un problème majeur à Nice
Au-delà des salaires, la dégradation des conditions de travail est un motif majeur de mécontentement. La réduction continue des effectifs est particulièrement pointée du doigt. À Nice, la situation est devenue un cas d'école pour les représentants du personnel.
« Chaque année, les effectifs sont réduits, au point de devenir très problématiques pour le fonctionnement du magasin », assure Françoise Gianelli, représentante du personnel.
Les chiffres qu'elle avance sont parlants. « En 2023 à Nice, le magasin comptait 93 salariés. Fin 2025, nous ne sommes plus que 80 », précise-t-elle. Cette baisse de plus de 10 % des effectifs en deux ans a des conséquences directes sur la charge de travail des employés restants et sur la qualité du service proposé aux clients.
Le magasin Fnac de Nice en chiffres
- 2023 : 93 salariés
- Fin 2025 : 80 salariés
- Baisse : 13 salariés en moins, soit une réduction de 14 % des effectifs en deux ans.
Cette situation entraîne une pression accrue sur les équipes, qui doivent gérer un flux de clients important avec moins de personnel. Les syndicats alertent sur le risque d'épuisement professionnel et sur l'impossibilité de maintenir un accueil et un conseil de qualité, des valeurs pourtant historiques de l'enseigne.
Un mouvement national avec un fort ancrage local
L'appel à la grève du « Red Friday » est national, mais il trouve un écho particulier dans les Alpes-Maritimes. Les salariés des magasins de Nice et de Cannes ont déjà confirmé leur intention de se mobiliser dès le vendredi 28 novembre. Leurs collègues de Marseille prévoient de rejoindre le mouvement le samedi.
Cette coordination témoigne d'un mécontentement partagé dans les différents points de vente de la région. Les revendications dépassent le cadre local et touchent à la stratégie globale du groupe Fnac Darty.
Les autres revendications des syndicats
En plus des salaires et des effectifs, la liste des griefs est longue. Les syndicats demandent :
- La revalorisation des métiers et de la qualité de l’accueil client.
- Une « juste répartition des richesses » produites par les salariés.
- L'arrêt des modifications des fiches de paie et de l'ajout de nouvelles tâches sans compensation.
- Une remise en cause des « choix comptables qui localisent les profits au niveau du siège au détriment des magasins ».
Les employés dénoncent un système où les bénéfices seraient centralisés au siège parisien, tandis que les magasins, qui sont en première ligne pour générer ces revenus, voient leurs moyens humains et financiers diminuer. Cette perception d'iniquité alimente fortement la mobilisation.
Quelles conséquences pour les clients du Black Friday ?
Le choix de la date n'est pas anodin. Le Black Friday est un moment stratégique pour le commerce de détail, marquant le début des achats de fin d'année. En organisant la grève durant ce week-end, les salariés espèrent perturber l'activité et ainsi peser sur les négociations avec la direction.
Pour les clients, cela pourrait se traduire par des magasins fermés ou fonctionnant au ralenti. Des temps d'attente allongés en caisse, des difficultés à obtenir des conseils en rayon et des retards dans le traitement des commandes sont à prévoir dans les magasins touchés par le mouvement.
L'ampleur de la mobilisation reste à déterminer, mais l'appel de l'intersyndicale CGT-Sud semble avoir été entendu. La direction du groupe Fnac Darty n'a pas encore communiqué officiellement sur l'impact potentiel de cette grève ni sur les mesures envisagées pour y répondre.





