Le rappeur Freeze Corleone, de son vrai nom Issa Lorenzo Diakhaté, fait face à des poursuites judiciaires pour « apologie du terrorisme ». Le parquet de Nice a annoncé cette décision après l'analyse d'un couplet issu de son morceau « Haaland », sorti en février 2024. Une convocation devant le tribunal correctionnel de Nice est fixée au 16 février 2026.
Points Clés
- Freeze Corleone poursuivi pour apologie du terrorisme.
- Les accusations portent sur un couplet du morceau « Haaland ».
- L'artiste a exercé son droit au silence lors de son audition.
- Le procès est prévu pour le 16 février 2026 à Nice.
- Des responsables politiques niçois avaient dénoncé le morceau.
Origine des Poursuites Judiciaires
Les faits reprochés à Freeze Corleone concernent une rime présente dans le morceau « Haaland », en collaboration avec le rappeur allemand Luciano. Ce titre a été mis en ligne en février 2024. Le couplet incriminé contient la phrase : « J’arrive dans l’rap comme un camion qui bombarde à fond sur la - ».
Bien que la phrase ne mentionne pas explicitement les attentats de Nice, le parquet et plusieurs victimes de l'attaque du 14 juillet 2016 estiment qu'il s'agit d'une allusion directe. Cette interprétation a conduit à l'ouverture d'une enquête.
Faits Importants
- Le morceau incriminé est « Haaland », sorti en février 2024.
- La rime contestée est : « J’arrive dans l’rap comme un camion qui bombarde à fond sur la - ».
- L'enquête a été confiée au SIPJ 06.
L'Audition et le Droit au Silence
Âgé de 33 ans, Freeze Corleone a été entendu le mardi 25 novembre. Cette audition faisait suite à plusieurs convocations précédentes qui étaient restées sans réponse. Lors de son interrogatoire, le rappeur a choisi d'exercer son droit au silence, refusant de répondre aux questions posées par les enquêteurs.
Cette décision est un droit fondamental garanti par la loi. Elle signifie que l'artiste n'a pas souhaité fournir d'explications sur le contenu de ses paroles à ce stade de la procédure.
« L’interprète des paroles précitées connu sous le nom de scène de Freeze Corleone, était entendu ce jour dans le cadre d’une audition libre. Il faisait valoir son droit au silence et refusait de répondre aux questions posées. »
La Date du Procès Fixée
Après l'audition et l'analyse des éléments recueillis, le parquet de Nice a décidé de notifier à Freeze Corleone une convocation à comparaître devant le tribunal correctionnel. La date du jugement est fixée au 16 février 2026. Il sera jugé pour des faits d'apologie du terrorisme, spécifiquement « en utilisant un service de communication au public en ligne ».
Cette longue période avant le procès est courante dans les affaires complexes, permettant aux deux parties de préparer leur défense et l'accusation. L'utilisation d'un service en ligne, comme une plateforme de streaming musical, est un élément clé de l'accusation.
Réactions Politiques et Précédentes Polémiques
Ce n'est pas la première fois que Freeze Corleone se retrouve au cœur d'une controverse. En 2020 déjà, il avait été accusé d'antisémitisme pour certains textes de son album « La menace fantôme (LMF) ». Cette enquête avait finalement été classée sans suite.
Début 2024, avant même les poursuites actuelles, des personnalités politiques niçoises, dont Éric Ciotti et Christian Estrosi, avaient vivement réagi à la sortie du morceau « Haaland ». Ils avaient qualifié le son d'« apologie du terrorisme ».
Contexte Historique
L'attentat de Nice du 14 juillet 2016 a causé la mort de 86 personnes et blessé des centaines d'autres. Un camion avait foncé sur la Promenade des Anglais, marquant profondément la ville et le pays. Les références à un camion dans un contexte violent sont donc particulièrement sensibles à Nice.
Éric Ciotti avait parlé d'« une insinuation immonde » et d'« une nouvelle étape vers l’infâme ». Christian Estrosi, quant à lui, avait dénoncé une « provocation ignoble » et « infâme », souhaitant l'interdiction du morceau par la justice.
La Défense de l'Artiste
En réponse à ces accusations politiques, Freeze Corleone et son manager avaient publié un communiqué le 13 février 2024. Ils s'y défendaient en affirmant que les politiciens avaient « inventé » des paroles pour les « dénoncer ».
L'avocat de Freeze Corleone, Me Sanjay Mirabeau, avait précisé au Figaro qu'il apporterait des preuves que la phrase incriminée se terminait par un point et non par des points de suspension, ce qui, selon la défense, changeait le sens de la rime. Cette nuance pourrait être un élément central de la défense lors du procès.
Le rappeur a également été confronté à des interdictions de concerts et de festivals. En juillet dernier, le préfet du Territoire de Belfort, Alain Charrier, avait interdit sa performance aux Eurockéennes, une décision validée par le tribunal administratif. Ces incidents soulignent une tension récurrente entre la liberté d'expression artistique et les limites légales de certains propos.





