Face à la résurgence du projet de métro reliant Nice à Vintimille, le Prince Albert II de Monaco a exprimé une position mesurée, soulignant que la Principauté ne peut prendre l'initiative d'un tel chantier sans un engagement fort de la France. Le Souverain insiste sur la nécessité de privilégier l'amélioration des infrastructures de transport existantes pour résoudre les problèmes de mobilité quotidiens.
Points Clés
- Le Prince Albert II qualifie le projet de métro de non prioritaire pour la France à l'heure actuelle.
- Monaco ne peut pas lancer ou financer seul ce projet, qui se déroulerait majoritairement en territoire français.
- La priorité est d'optimiser les transports existants : TER, bus, parkings-relais et cheminements piétons.
- L'idée d'une zone franche monégasque en France est jugée intéressante mais dépend entièrement d'une décision du gouvernement français.
Un projet de métro ambitieux mais lointain
L'idée d'une ligne de métro connectant l'aéroport de Nice à Vintimille en passant par Monaco n'est pas nouvelle, mais elle a récemment été remise sur le devant de la scène par les fédérations patronales monégasques et azuréennes. Cette proposition a refait surface après un épisode de congestion extrême sur la Moyenne Corniche en septembre, paralysant des milliers d'automobilistes, résidents et salariés de la Principauté.
Ce projet pharaonique, dont le coût est estimé à plusieurs milliards d'euros, est perçu par beaucoup comme une solution durable aux problèmes de circulation récurrents qui freinent le développement économique de la région. Cependant, sa réalisation soulève des défis financiers et logistiques considérables, la quasi-totalité du tracé se situant en France.
La position pragmatique du Souverain monégasque
Interrogé sur ce dossier, le Prince Albert II a tempéré les ardeurs. Il a rappelé que toute avancée dépendait d'une collaboration étroite avec la France. "Un tel projet ne peut être envisagé que conjointement avec la France", a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de rester en phase avec la réalité économique.
"Si ce n'est pas une priorité pour l'instant pour l'État français, il faut que nous attendions, on ne peut pas prendre l'initiative", a déclaré le Prince Albert II.
Le Souverain a également soulevé la question du financement des études de faisabilité. Selon lui, il n'est pas certain que cette charge doive incomber à la Principauté. Il prône une approche prudente et réaliste, loin des annonces spectaculaires.
La mobilité, un enjeu quotidien
Chaque jour, des dizaines de milliers de salariés français et italiens se rendent à Monaco pour travailler. La saturation des axes routiers et la dépendance à la ligne SNCF rendent la région particulièrement vulnérable au moindre incident, transformant rapidement les trajets en véritables épreuves.
Priorité à l'amélioration de l'existant
Plutôt que de se lancer dans un projet à très long terme, le Prince Albert II a clairement défini ses priorités : optimiser les solutions de mobilité déjà en place. Cette stratégie se concentre sur des améliorations concrètes et plus rapidement réalisables.
Les efforts de la Principauté visent principalement à :
- Améliorer la desserte ferroviaire en collaboration avec la SNCF.
- Développer les parkings-relais pour encourager l'intermodalité.
- Renforcer les lignes de bus transfrontalières.
- Fluidifier la circulation à l'intérieur même de Monaco.
Le Prince a également mis l'accent sur l'importance des déplacements à pied. "Il faut favoriser les transports en commun, les cheminements piétons", a-t-il souligné, ajoutant que lui-même et la Princesse Charlène connaissent de nombreuses personnes qui traversent quotidiennement la Principauté à pied.
La zone franche : une idée en suspens
Un autre sujet a été abordé : la proposition du candidat aux élections municipales de Nice, Éric Ciotti, de créer une zone franche pour accueillir des entreprises monégasques en France. Cette idée vise à offrir des solutions d'expansion aux sociétés à l'étroit sur le territoire monégasque.
Un contexte pré-électoral
L'évocation de grands projets d'infrastructure comme le métro ou la zone franche intervient dans un contexte politique particulier, à l'approche des élections municipales françaises de 2026. Le Prince Albert II a appelé à la vigilance face aux propositions formulées durant cette période.
Le Prince Albert II a jugé cette suggestion "intéressante", rappelant que des discussions similaires avaient déjà eu lieu par le passé avec les maires de communes voisines comme Peille et La Turbie. Cependant, il a de nouveau insisté sur le fait qu'une telle initiative relevait exclusivement de la compétence du gouvernement français.
"Cela ne peut pas se concevoir sans l'aval du gouvernement français qui est le seul à pouvoir y donner suite", a-t-il précisé. Pour l'heure, Monaco n'a reçu aucune proposition officielle à ce sujet. L'idée reste donc une piste à explorer pour l'avenir, mais sans calendrier défini.





