À l'approche des élections municipales de 2026, l'association Nice à Vélo a présenté un plan ambitieux pour repenser la mobilité dans la capitale azuréenne. Au cœur de leurs trente propositions se trouve une mesure phare : généraliser la limitation de vitesse à 30 km/h sur la quasi-totalité du territoire niçois d'ici 2030.
Ce document, fruit d'une large consultation citoyenne, a été transmis à tous les candidats à la mairie. Il dessine les contours d'une ville plus sûre, plus silencieuse et davantage tournée vers les modes de transport doux, avec des mesures concrètes pour les cyclistes, les piétons et particulièrement les enfants.
Les points clés du projet
- Limitation de vitesse : Instaurer une vitesse maximale de 30 km/h dans presque toutes les rues de Nice, y compris la Promenade des Anglais, d'ici 2030.
- Sécurité scolaire : Créer 30 "rues scolaires" pour interdire la circulation motorisée aux abords des établissements aux heures d'entrée et de sortie.
- Réseau cyclable : Développer un "Réseau Express Vélo" pour connecter les communes de la métropole et équiper 20 % des rues de pistes cyclables sécurisées.
Objectif 2030 : Une ville apaisée à 30 km/h
La proposition la plus structurante de l'association est sans conteste la généralisation de la vitesse à 30 km/h. Loin d'être une simple mesure de régulation, elle est pensée comme la pierre angulaire d'un nouvel urbanisme. « Hormis un axe comme la voie Mathis, on veut une baisse de la vitesse à Nice, y compris sur la promenade des Anglais », explique Toni, porte-parole de Nice à Vélo.
L'objectif affiché est double : améliorer drastiquement la sécurité des usagers les plus vulnérables, comme les piétons et les cyclistes, et réduire significativement les nuisances sonores dans les quartiers résidentiels. Pour l'association, un trafic plus lent est synonyme d'une meilleure cohabitation entre tous les modes de transport.
Une mesure qui va au-delà de la vitesse
Pour garantir l'efficacité de cette limitation, Nice à Vélo préconise des mesures d'accompagnement. Celles-ci incluent un "rephasage" des feux tricolores pour décourager les accélérations entre deux carrefours, ainsi qu'un renforcement des contrôles de vitesse par les forces de l'ordre.
Cette vision d'une "ville 30" s'inscrit dans un mouvement plus large adopté par de nombreuses métropoles européennes cherchant à améliorer la qualité de vie de leurs habitants.
La sécurité des enfants : une priorité absolue
Un autre volet majeur du plan concerne la protection des plus jeunes. L'association met en lumière une demande forte et unanime issue de ses consultations citoyennes : la sécurisation des abords des écoles. Elle propose pour cela le déploiement massif des "rues scolaires".
« L'entrée des écoles ne doit pas être un 'drive à enfants' »
Le principe est simple : interdire temporairement la circulation motorisée dans la rue de l'école pendant les heures de forte affluence, c'est-à-dire à l'arrivée et à la sortie des élèves. L'association ambitionne la mise en place de 30 rues scolaires d'ici la fin de la prochaine mandature. Chaque aménagement serait adapté au contexte spécifique de l'établissement concerné.
Développer un véritable réseau cyclable métropolitain
Pour que le vélo devienne une alternative crédible à la voiture, l'infrastructure doit suivre. Nice à Vélo appelle à la création d'un plan de pistes cyclables « complet ». L'objectif n'est pas de créer des pistes partout, mais de mailler intelligemment le territoire.
Un objectif chiffré
L'association souhaite que 20 % des rues de la ville soient équipées de pistes cyclables sécurisées, formant un réseau continu et cohérent. Cela permettrait de relier les quartiers entre eux de manière sûre et efficace.
Le projet va même plus loin en proposant la création d'un Réseau Express Vélo (REV). Il s'agirait d'itinéraires directs et sécurisés, conçus pour relier rapidement les différentes villes de la métropole niçoise, facilitant ainsi les trajets domicile-travail à vélo sur de plus longues distances.
L'association critique au passage certaines décisions actuelles, comme l'interdiction des doubles sens cyclables dans la ville, une mesure jugée « assez incompréhensible » car elle contribue, selon eux, à engorger d'autres axes de circulation.
Un appel aux futurs élus
Ces trente propositions ont été formalisées dans un document et envoyées à l'ensemble des candidats déclarés ou pressentis pour les élections municipales de 2026. L'objectif est clair : placer la mobilité active au cœur du débat public et inciter les futurs dirigeants à prendre des engagements forts.
À ce jour, l'association indique n'avoir reçu qu'une seule réponse formelle d'un candidat. Elle espère cependant que son initiative poussera chaque équipe à se positionner sur ces enjeux cruciaux pour l'avenir de la mobilité et de la qualité de vie à Nice.





