À quelques mois des élections municipales de mars 2026, une proposition du maire Christian Estrosi d'ouvrir certains services administratifs le week-end pour améliorer la réactivité de la mairie a déclenché une vive polémique. L'opposition dénonce une mesure électoraliste qui dégraderait les conditions de travail des agents municipaux.
L'idée a été lancée lors d'une réunion de quartier le 19 décembre dernier. En réponse à une citoyenne se plaignant des délais de réponse de l'administration, le maire a évoqué une possible extension des horaires d'ouverture au samedi et au dimanche. Cette suggestion a immédiatement fait réagir ses opposants politiques, transformant une question de service public en un premier grand débat de la campagne électorale.
Les points clés
- Christian Estrosi a proposé d'étendre les horaires des services administratifs au week-end pour mieux répondre aux Niçois.
- Cette idée est née suite à la plainte d'une habitante concernant les délais de réponse de la mairie.
- L'opposition, menée par Julien Picot, critique une "dégradation inacceptable des conditions de travail" des agents.
- La proposition s'inscrit dans le contexte de la campagne pour les élections municipales de mars 2026.
Une proposition née sur le terrain
Le débat a commencé lors d'une rencontre publique organisée dans le quartier Wilson. Ces réunions, fréquentes à l'approche des échéances électorales, permettent au maire sortant, Christian Estrosi, de dialoguer directement avec les habitants et de prendre le pouls de leurs préoccupations.
Le 19 décembre, une résidente a interpellé le maire au sujet d'une demande concernant le stationnement, restée sans réponse de la part des services municipaux. C'est en réaction à cette doléance que Christian Estrosi a suggéré une réorganisation des services pour améliorer l'accueil physique et téléphonique, allant jusqu'à évoquer une ouverture le week-end.
Le contexte des réunions de quartier
Les réunions de quartier sont un outil de communication politique important pour les maires en exercice. Elles permettent de maintenir un lien direct avec les électeurs, de répondre à leurs problèmes quotidiens et, en période pré-électorale, de tester des idées et de marquer des points face à l'opposition.
Le cabinet du maire a confirmé que l'objectif est une "adaptation des services publics pour mieux répondre aux besoins de la population". L'ouverture le samedi et le dimanche est présentée comme "un des exemples d'adaptation" possibles. Les détails complets de cette mesure devraient être dévoilés au cours du mois de janvier.
La réaction immédiate de l'opposition
La proposition n'a pas tardé à susciter une forte opposition, notamment de la part de Julien Picot, numéro deux de la liste "Unis pour Nice" menée par Juliette Chesnel-Le Roux. Présent lors de la réunion, il a rapidement dénoncé ce qu'il considère comme une annonce de campagne improvisée.
"Je tiens à exprimer ma plus vive opposition à ce projet, qui constituerait une dégradation inacceptable des conditions de travail des agents", a déclaré Julien Picot dans un communiqué.
Pour l'opposant, la solution aux délais de réponse ne réside pas dans le travail dominical. "Ce n'est pas en travaillant le dimanche qu'on va améliorer la situation des administrés. Les réponses peuvent très bien se faire dans leurs horaires de travail actuels", a-t-il précisé. Il estime que le problème vient davantage de l'organisation interne que des plages horaires.
Une question de méthode
Au-delà du fond, Julien Picot critique également la forme de l'annonce. Il reproche au maire de ne pas avoir respecté la procédure habituelle pour une telle réorganisation. "Normalement, on doit consulter les organisations syndicales, les agents… Puis ça doit passer en conseil municipal avant d'être acté", explique-t-il.
Selon lui, en faisant cette proposition directement aux habitants sans concertation préalable, Christian Estrosi s'est "assis sur toute la procédure" et a privilégié un effet d'annonce électoraliste à un véritable dialogue social.
Élections municipales 2026
Les prochaines élections municipales à Nice se tiendront les 15 et 22 mars 2026. Christian Estrosi, maire depuis 2008 (avec une interruption entre 2016 et 2017), brigue un quatrième mandat.
Un débat au cœur des enjeux du service public
Cette polémique soulève une question plus large sur l'avenir du service public local. D'un côté, la nécessité d'adapter les services aux rythmes de vie modernes des citoyens, qui sont de plus en plus nombreux à ne pas être disponibles durant les heures de bureau traditionnelles.
De l'autre, la défense des droits des travailleurs et des conditions de travail des fonctionnaires territoriaux. Les syndicats et l'opposition mettent en avant le risque d'une précarisation et d'une augmentation de la charge de travail pour les agents, sans garantie d'une meilleure efficacité.
- Pour la proposition : Une plus grande flexibilité pour les usagers, une meilleure réactivité de l'administration, une modernisation du service public.
- Contre la proposition : Une dégradation des conditions de travail, un non-respect du dialogue social, une mesure jugée coûteuse et potentiellement inefficace.
Alors que la campagne municipale ne fait que commencer, ce premier affrontement donne le ton des débats à venir. La question de l'efficacité des services publics, de leur coût et de leur organisation sera sans aucun doute l'un des thèmes centraux qui animeront les discussions entre les différents candidats à la mairie de Nice.





