La création d'une nouvelle antenne de la police municipale à Saint-Laurent-du-Var, annoncée par le maire Joseph Segura, est au cœur d'une vive polémique. Le projet, qui verra le jour dans l'ancienne Poste de l'avenue du Général Leclerc, suscite des accusations de récupération politique de la part de l'opposition, notamment du Rassemblement National.
Lors d'un récent conseil municipal, l'annonce a déclenché une passe d'armes entre la majorité et le candidat du RN, Rafaël Quessada, qui revendique la paternité de cette idée. Cette controverse intervient dans un contexte pré-électoral tendu, où chaque décision est scrutée et interprétée.
Points Clés
- La mairie de Saint-Laurent-du-Var va créer une antenne de police municipale dans l'ancienne Poste du centre-ville.
- Le maire Joseph Segura présente ce projet comme une étape pour renforcer la sécurité de proximité.
- Le Rassemblement National, par la voix de son candidat Rafaël Quessada, accuse le maire de plagier ses propositions.
- Un autre projet de commissariat mutualisé, plus ancien, est toujours en discussion mais avec un horizon plus lointain (2030-2031).
Une annonce qui enflamme le débat politique
La décision a été officialisée lors du conseil municipal du 17 décembre. Le maire Les Républicains, Joseph Segura, a confirmé que les locaux de l'ancienne Poste de l'avenue du Général Leclerc, acquis par la ville en 2023, seraient transformés en poste de police municipale. L'objectif affiché est de renforcer la présence des forces de l'ordre dans le centre-ville, un secteur stratégique à proximité du square Bènes.
Cependant, cette annonce a immédiatement provoqué la réaction de l'opposition. Rafaël Quessada, candidat du Rassemblement National aux prochaines élections municipales, a rapidement publié un message sur les réseaux sociaux. Il y accuse le maire de s'approprier une idée que son groupe politique défend depuis plusieurs années.
Accusations de récupération politique
Dans sa publication, intitulée « Poste de police municipale : quand le maire s’approprie nos propositions à quelques semaines de l’élection », M. Quessada affirme que cette initiative était à l'origine une de ses propositions. Il suggère que si le maire adopte les idées de son opposition, alors les électeurs devraient soutenir l'original plutôt que la copie.
La conseillère municipale affiliée au RN, Sandrine Belot, a appuyé ces propos en séance, rappelant avoir « proposé cela en commission des finances il y a déjà deux ans ». Cette intervention a fait monter la tension au sein du conseil.
Un contexte pré-électoral sensible
Cette polémique s'inscrit dans un climat de campagne pour les prochaines élections municipales. Chaque annonce est susceptible d'être utilisée comme un argument politique. La sécurité est un thème majeur et récurrent dans les débats locaux, ce qui explique la virulence des échanges sur ce dossier.
La réponse de la majorité municipale
Piqué au vif par ces accusations, le maire Joseph Segura a répliqué directement en conseil municipal. Il a affirmé que sa vision pour ce lieu était claire depuis longtemps.
« Quand nous avons racheté l’ancienne Poste en 2023, j’avais déjà une vision sur la police municipale », a déclaré M. Segura pour défendre son projet.
Le premier adjoint, Thomas Berettoni, est également intervenu pour nuancer les affirmations de l'opposition. Il a souligné la différence entre une simple suggestion en commission et la concrétisation d'un projet par l'exécutif municipal. « Il y a un monde entre faire une proposition [...] et dire sur les réseaux sociaux que le maire reprend vos propositions », a-t-il expliqué.
Détails de la future antenne
- Lieu : Ancienne Poste, avenue du Général Leclerc.
- Objectif : Améliorer la visibilité des effectifs, l'accueil du public et la présence de proximité.
- Horaires prévus : Du lundi au vendredi, de 8h30 à 18h00.
- Fonction : Accueil du public et présence opérationnelle au contact des habitants et commerçants.
La mairie précise sa stratégie
Contactés pour clarifier la situation, les services de la Ville ont détaillé la genèse du projet. Ils expliquent que dès l'acquisition du bâtiment en 2023, l'installation d'un service public de proximité était envisagée. Après l'étude de plusieurs scénarios, le choix s'est porté sur une antenne de police.
La municipalité insiste sur le fait que cette décision vise à rendre les effectifs de jour plus visibles en centre-ville et à améliorer l'accueil des citoyens. Il s'agit d'une réponse concrète et rapide aux attentes des Laurentins en matière de sécurité.
Deux projets de sécurité pour la ville
L'opposition a également profité de ce débat pour remettre sur la table un autre projet, plus ancien : la création d'un commissariat mutualisé entre la police municipale et la police nationale dans le quartier du Point du Jour. Rafaël Quessada a remis en question l'avancement de cette promesse, annoncée en 2014, la qualifiant de « vent ».
Face à cette critique, la mairie a tenu à rassurer. Le projet de commissariat mutualisé n'est pas abandonné, mais il s'inscrit dans un calendrier beaucoup plus long. « Le poste de centre-ville et le commissariat mutualisé ne s’opposent pas : ils se complètent », précise la municipalité.
Un calendrier en deux temps
La stratégie de la ville se décline en deux phases distinctes :
- Court terme : La création de l'antenne de police en centre-ville. C'est une « première étape concrète, rapide à déployer ».
- Long terme : Le commissariat mutualisé. Ce projet, plus complexe, dépend de procédures partagées avec l'État et d'autres partenaires. Il est intégré au projet urbain Porte de France et sa réalisation est prévue à l'horizon 2030-2031.
La municipalité confirme que le travail se poursuit avec tous les acteurs impliqués, notamment la Direction Départementale de la Sécurité Publique 06, le ministère de l’Intérieur et Côte d’Azur Habitat. Ce projet d'envergure nécessite une coordination et une programmation qui expliquent son échéance plus lointaine.
En attendant, l'ouverture prochaine de l'antenne avenue du Général Leclerc se veut une réponse immédiate et visible aux préoccupations sécuritaires des habitants et des commerçants du cœur de ville de Saint-Laurent-du-Var.





