Ce dimanche 8 mars 2026, les rues de Nice ont été le théâtre d'une importante mobilisation à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Entre 700 et 1000 personnes, selon les estimations, ont marché pour défendre les droits acquis et alerter sur ce qu'elles perçoivent comme une montée des idées réactionnaires, à quelques semaines des élections municipales.
Points Clés
- Une manifestation a rassemblé entre 700 et 1000 personnes à Nice pour la Journée des droits des femmes.
- Les organisateurs du collectif Droits des femmes 06 ont exprimé leurs craintes face à la montée des idées masculinistes et de l'extrême droite.
- Le contexte des prochaines élections municipales a été un thème central de la mobilisation.
- Des actions symboliques, comme le renommage de rues, ont été menées durant le parcours.
Une mobilisation sous le signe de la vigilance politique
Le cortège s'est élancé en début d'après-midi depuis le parvis de la gare de Nice-Ville, rassemblant un public varié composé de femmes et d'hommes de toutes générations. L'ambiance était à la fois revendicative et préoccupée, les slogans et les pancartes reflétant une inquiétude palpable quant à l'avenir des droits des femmes en France.
Cette année, le collectif Droits des femmes 06, à l'origine de l'événement, a souhaité mettre l'accent sur un danger jugé croissant : la progression des idéologies masculinistes et d'extrême droite. Pour les militantes, ces courants de pensée menacent directement les avancées sociales obtenues au fil des décennies.
Participation en chiffres
La mobilisation a réuni un nombre significatif de participants. Selon la police, plus de 700 personnes ont défilé, tandis que les organisateurs avancent le chiffre de plus de 1000 manifestants. Cette affluence témoigne de l'importance du sujet pour une partie de la population locale.
L'enjeu des élections municipales
L'approche des élections municipales a largement dominé les discours et les conversations au sein du cortège. Les manifestants craignent qu'un basculement politique de la ville vers l'extrême droite n'ait des conséquences concrètes et immédiates pour le tissu associatif féministe.
« La montée du fascisme en France nous inquiète beaucoup. Face à toutes ces montées réactionnaires, on a peur du recul du droit des femmes », a expliqué Chrystel Cantariti, membre active du collectif Droits des femmes 06.
Elle souligne que les associations féministes dépendent souvent de subventions publiques et de la mise à disposition de locaux par les municipalités. « On sait très bien qu’une ville qui bascule à l’extrême droite, ça impacte directement la possibilité pour les associations féministes d’obtenir des locaux, des subventions. Pourtant, ce sont les seules à aider les femmes en difficulté », poursuit-elle.
Des actions symboliques pour marquer les esprits
Pour rendre leur message plus visible, les manifestants ont mené plusieurs actions symboliques le long du parcours sur l'avenue Jean-Médecin. L'une des plus marquantes a été le renommage temporaire de plusieurs rues. Armés d'affiches et de colle, des militants ont recouvert les plaques de rue officielles.
Ainsi, l'avenue Thiers, du nom de l'ancien chef d'État controversé, est devenue pour quelques instants « l'avenue des droits des femmes ». Un peu plus loin, la rue Jacques-Médecin a été rebaptisée « boulevard de la grève féministe ». Ces gestes, bien que non autorisés, visaient à contester l'hommage rendu à des figures masculines historiques pour mettre en avant la cause féministe.
Le masculinisme, une préoccupation croissante
Le terme "masculinisme" désigne un ensemble d'idées et de mouvements qui promeuvent la supériorité ou la domination masculine et s'opposent au féminisme. Les associations féministes alertent sur la diffusion de ces discours, notamment auprès des jeunes générations via les réseaux sociaux, qui contribuent à normaliser des comportements et des propos sexistes.
Le regard des jeunes générations
Parmi les manifestants, de nombreux jeunes étaient présents, venus exprimer leurs propres inquiétudes. Luna, une jeune femme qui participe chaque année à la marche du 8 mars, se dit particulièrement touchée par l'évolution des mentalités chez certains hommes de son âge.
« J’entends de plus en plus dans les soirées et sur les réseaux sociaux des jeunes hommes qui regrettent de perdre de la place dans la société, qui voudraient revenir dans les années 60 », confie-t-elle. Pour elle, la mobilisation est un moyen de contrer cette tendance et de réaffirmer les valeurs d'égalité.
À ses côtés, son amie Daphné ajoute qu'elle marche « pour les femmes du monde entier », rappelant la dimension universelle de ce combat pour l'égalité des droits.
Un climat parfois tendu
Si la manifestation s'est déroulée sans incident majeur, l'atmosphère le long du parcours a parfois été tendue. Des interactions avec certains passants ont révélé l'hostilité à laquelle les militants peuvent être confrontés. Des remarques homophobes ont été entendues à la vue d'un drapeau arc-en-ciel, tandis qu'une autre personne a lancé une insulte à une jeune femme tenant une pancarte critiquant le collectif identitaire Némésis.
Ces réactions illustrent la polarisation de la société sur ces questions et renforcent le sentiment d'urgence des manifestants. Une pancarte résumait avec une touche d'humour et de lassitude l'état d'esprit de beaucoup : « M’obligez pas à revenir l’année prochaine ». Au vu du climat actuel, le rendez-vous semble pourtant déjà pris pour le 8 mars 2027.





