Un nouveau centre d'accueil et de restauration pour les personnes en situation de précarité a ouvert ses portes au 42 rue Dabray à Nice. Géré par le Centre Communal d'Action Sociale (CCAS), ce lieu de 320 m² offre un espace sécurisé et chaleureux pour les distributions alimentaires, remplaçant les anciens points de rassemblement en extérieur qui avaient été supprimés par la municipalité.
Ce centre, aménagé dans l'ancien local du service des objets trouvés, vise à offrir plus de dignité aux bénéficiaires. Il dispose d'une salle d'attente, de points de recharge pour téléphones et d'un réfectoire où les repas chauds sont servis à table. Plusieurs associations caritatives y organisent désormais leurs maraudes, du lundi au vendredi et un samedi sur deux.
Points Clés
- Ouverture d'une cantine solidaire de 320 m² au 42 rue Dabray à Nice.
- Le centre est géré par le CCAS et accueille les maraudes de six associations.
- Il remplace les distributions alimentaires en extérieur supprimées au port et à la Libération.
- Les bénéficiaires soulignent un sentiment de sécurité et de dignité accru.
- Des riverains expriment des inquiétudes quant à la concentration de services sociaux dans le quartier.
Un refuge pour les plus démunis
Chaque soir, dès 19 heures, les portes du 42 rue Dabray s'ouvrent pour accueillir des dizaines de personnes. Contrairement aux distributions en plein air, souvent marquées par le froid et l'insécurité, ce nouvel espace offre un cadre structuré. Les bénéficiaires peuvent d'abord patienter dans une antichambre avant de passer à table dans un réfectoire aménagé.
Ce projet est une réponse directe à la fermeture des points de distribution alimentaire de la rue Fodéré et du jardin Thiole. La municipalité avait justifié ces décisions par les nuisances signalées par le voisinage, affirmant sa volonté de privilégier des solutions d'accueil en intérieur.
Jennifer Salles, adjointe aux Solidarités, a souligné l'importance de cette initiative : « En améliorant l’accueil, nous remplissons une mission primordiale du CCAS. Tout le monde travaillera mieux dans ces conditions ». Le centre permet de centraliser les efforts de plusieurs associations, comme « Soupe de nuit Monaco », dans un environnement contrôlé et adapté.
Plus de 140 repas servis
Lors d'une soirée récente, plus de 140 couverts ont été servis, illustrant le besoin important d'une telle structure dans la ville. Le service se termine chaque soir à 20h30.
La sécurité et la dignité retrouvées
Pour les personnes qui fréquentent le centre, le changement est significatif. Plusieurs témoignent d'un sentiment de sécurité qu'ils ne trouvaient pas ailleurs. Mickaël, un habitué, explique qu'il évitait d'autres lieux de distribution en raison de l'insécurité. « Ici, au moins, on ne risque pas de se prendre un coup de couteau pour un repas », confie-t-il.
Sébastien, qui partage sa table, abonde dans le même sens. Il raconte avoir déjà été agressé lors de maraudes passées. Pour lui, la présence de familles et d'enfants est un signe rassurant.
« Je suis déjà reparti d’une maraude le ventre vide et la gueule cassée. Mais jamais ici. Tant qu’il y a des gosses, c’est que l’endroit est accueillant. »
Le centre accueille une population variée, incluant des familles. C'est le cas de Sarah et Elvis, un jeune couple dont les enfants ont été placés par l'Aide sociale à l'enfance. Ils viennent ici pour manger un repas complet, une aide précieuse alors que leur loyer absorbe la quasi-totalité de leurs revenus. « Ça nous change de nos repas de pauvres », explique Sarah.
Des réactions contrastées dans le quartier
Si l'initiative est saluée par les associations et les bénéficiaires, elle suscite des inquiétudes chez certains habitants du quartier Dabray. Dans un courrier adressé à la mairie, des riverains s'alarment de ce qu'ils perçoivent comme une « concentration de la misère ».
Le quartier abrite déjà plusieurs structures d'aide sociale, notamment les Restos du Cœur, un dispensaire de l'Ordre de Malte, le Secours Populaire et un accueil de nuit. Les signataires du courrier craignent une augmentation des nuisances, citant des bagarres et des troubles liés à l'alcool.
La réponse des autorités
Face à ces préoccupations, la mairie a mis en place des mesures pour encadrer l'accueil. Jennifer Salles a précisé que « des agents de sécurité sont présents lors de la distribution ». De plus, la salle d'attente a été conçue pour que personne n'ait à attendre à l'extérieur, limitant ainsi les attroupements sur la voie publique. Cathy Herbert, la directrice du centre, appelle à ne pas stigmatiser les bénéficiaires et assure que tout est mis en œuvre pour que la cohabitation se passe au mieux.
Le centre de la rue Dabray représente ainsi un tournant dans la gestion de l'aide alimentaire à Nice, en cherchant à concilier soutien aux plus démunis et tranquillité des riverains. Son fonctionnement dans les prochains mois sera observé de près par toutes les parties concernées.





