À l'approche des élections municipales de 2026 à Nice, la campagne électorale prend de l'ampleur, révélant un large éventail de propositions de la part des candidats. Des mesures écologiques ambitieuses aux idées sociales surprenantes, le débat niçois met en lumière les préoccupations majeures des habitants concernant l'environnement, le logement, la mobilité et la qualité de vie.
Les programmes complets sont attendus pour le début de l'année, mais les premières annonces dessinent déjà les contours d'une compétition politique où l'innovation et la vision pour l'avenir de la ville seront au centre des discussions. Chaque camp cherche à se démarquer avec des idées fortes pour convaincre les électeurs.
Les points clés
- Des propositions écologiques variées, allant de l'opposition aux JO d'hiver 2030 à l'interdiction des jets privés.
- Des mesures sociales et économiques, comme la gratuité des transports pour les retraités et la création d'une "zone franche" pour les entreprises monégasques.
- Des idées originales pour améliorer la qualité de vie, incluant la création d'un poste d'"adjoint au Bonheur".
- Des solutions radicales proposées pour la crise du logement, notamment la réquisition de logements vacants.
Une vision écologique au cœur des débats
L'environnement s'impose comme un thème central de cette campagne. Les candidats de gauche, en particulier, affichent une opposition ferme à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver de 2030 à Nice. Juliette Chesnel-Le Roux, tête de liste écologiste soutenue par le PS et le PCF, qualifie le projet d'« aberration écologique et financière ».
« C'est absurde d'organiser des JO de Nice à Chamonix, ça fait des déplacements énormes », a-t-elle déclaré, soulignant un coût estimé à plus de 2 milliards d'euros pour les contribuables français.
Dans la même lignée, Juliette Chesnel-Le Roux propose une mesure radicale pour lutter contre la pollution : l'interdiction totale des jets privés à l'aéroport de Nice. Elle dénonce l'impact environnemental et sonore de ces vols pour une minorité de voyageurs.
Des solutions innovantes pour la ville de demain
D'autres candidats écologistes avancent des idées concrètes pour adapter la ville au changement climatique. Hélène Granouillac, de l'association Terre bleue, suggère la création d'« îlots pop » dans les parcs. Ces espaces seraient animés par des professionnels de la santé et des services sociaux pour aider les habitants à mieux supporter les vagues de chaleur et rompre l'isolement.
Jean-Marc Governatori, candidat d'Écologie au centre, va plus loin avec une proposition pour le moins originale : recycler les déjections humaines pour produire du biométhane. Cette idée, bien que surprenante, s'inscrit dans la lignée du projet de la future station d'épuration Haliotis 2, qui vise à chauffer l'équivalent de 11 000 logements grâce à cette technologie d'ici 2031.
Taxer le tourisme pour financer la transition
Face au surtourisme, Hélène Granouillac propose d'instaurer une taxe d'un euro par touriste, collectée avec la taxe de séjour. Les fonds récoltés seraient entièrement dédiés au financement de la transition énergétique de la ville.
Mobilité et économie, des enjeux majeurs
La question des déplacements quotidiens et du développement économique est également au premier plan. Le maire sortant, Christian Estrosi, envisage d'étendre la gratuité des transports en commun aux retraités, après l'avoir mise en place pour les moins de 11 ans.
Cette mesure répond en partie aux débats sur la gratuité totale, une option que M. Estrosi a jusqu'à présent écartée. L'idée est de progresser par étapes pour faciliter la mobilité des seniors.
Le défi des travailleurs transfrontaliers
Chaque jour, environ 40 000 habitants des Alpes-Maritimes, dont près de 25 000 Niçois, se rendent à Monaco pour travailler. Ce flux massif de navetteurs représente un défi constant en matière de transport et de congestion routière, plaçant la mobilité au cœur des préoccupations politiques locales.
De son côté, Éric Ciotti, candidat de l'Union des droites pour la République (UDR), s'attaque au même problème sous un angle économique. Il propose la création d'une « zone franche » dans la plaine du Var. L'objectif est d'inciter les entreprises monégasques à y délocaliser une partie de leurs activités en leur offrant des conditions fiscales et sociales similaires à celles de la Principauté, réduisant ainsi les déplacements pendulaires.
Des propositions pour transformer la vie niçoise
La campagne se distingue aussi par des idées inattendues visant à améliorer le quotidien et le bien-être des habitants. La plus marquante est sans doute celle de Jean-Marc Governatori, qui souhaite créer un poste d'adjointe déléguée au Bonheur. Incarnée par une sophrologue, cette délégation aurait pour mission de piloter un « projet bonheur » et d'organiser un Forum mondial du bonheur annuel.
La culture et le patrimoine ne sont pas en reste. Le collectif Viva!, allié à La France insoumise, propose de rendre le célèbre Carnaval de Nice gratuit pour les Niçois, tout en le maintenant payant pour les touristes. Cette mesure vise à permettre aux habitants de se réapproprier cet événement phare de leur ville.
Repenser l'espace public et la mémoire collective
La liste de Juliette Chesnel-Le Roux a lancé un débat sur la toponymie de la ville. Elle suggère de rebaptiser plusieurs avenues et rues portant les noms de personnalités controversées comme Jean Médecin, Jacques Médecin ou Charles Pasqua. Les nouveaux noms honoreraient des figures comme Danielle Casanova, résistante, ou rappelleraient des événements historiques comme la victoire contre le nazisme.
Sur le plan culturel, Éric Ciotti avait exprimé le souhait de transformer la Gare du Sud en un grand théâtre, un projet qui a depuis été devancé par l'initiative de la mairie actuelle de convertir le lieu en un centre culturel.
Logement et démocratie participative
Face à la tension sur le marché immobilier, des mesures fortes sont mises sur la table. La liste Nice Front populaire, menée par Mireille Damiano, a lancé la proposition choc « Rends ton appart' ». Elle consiste à utiliser des outils légaux, y compris l'expropriation, pour remettre sur le marché les logements vacants depuis plus de cinq ans et les transformer en logements sociaux.
Un taux de vacance élevé
La métropole niçoise connaît un taux de logements vacants de 12 %, un chiffre supérieur à la moyenne nationale qui s'établit à 8 %. Cette situation contribue à la pression sur le marché locatif et à la difficulté pour de nombreux Niçois de se loger.
Enfin, le maire sortant Christian Estrosi souhaite renforcer la démocratie participative. Il propose une plateforme de dialogue en ligne avec une réponse garantie en moins de 72 heures, un tchat direct avec le maire, et la possibilité pour les citoyens de poser des questions en conseil municipal. Toute proposition citoyenne recueillant 1 000 signatures serait soumise au vote des élus.
Avec des idées aussi diverses, la campagne municipale de 2026 à Nice promet d'être riche en débats sur l'avenir de la cinquième ville de France.





