La Ville de Nice et la Métropole Nice Côte d'Azur se préparent à dévoiler les conclusions d'audits financiers menés par le cabinet Klopfer. Ces présentations, prévues ce lundi, suscitent une vive polémique parmi les élus de l'opposition, qui dénoncent un manque de transparence et un calendrier jugé électoraliste.
Points Clés
- Présentation des audits financiers par la Ville de Nice et la Métropole.
- L'opposition critique le manque d'accès préalable aux documents.
- Accusations de promotion politique à l'approche des élections municipales.
- Un élu a interpellé le préfet concernant la légalité des réunions.
Des Audits au Cœur des Débats
Les deux collectivités ont commandité des audits auprès du cabinet Klopfer, un consultant spécialisé en finances locales. Ces études portent sur les comptes et la situation financière de la municipalité et de l'intercommunalité. Les résultats doivent être présentés ce lundi, d'abord aux conseillers municipaux, puis aux élus métropolitains.
La présence de la presse à ces réunions ajoute à la controverse. Pour l'opposition, cette invitation est un élément clé de leur désapprobation. Ils estiment que la nature même de ces rassemblements est ambiguë, oscillant entre commission des finances et conférence de presse.
Un Chiffre Clé
Dix-neuf conseillers métropolitains ont déjà annoncé leur intention de boycotter les réunions, soulignant l'ampleur du désaccord politique.
L'Opposition Dénonce un Manque de Transparence
Les élus d'opposition, issus de divers horizons politiques, expriment leur scepticisme. Leur principale critique concerne l'absence de communication préalable des rapports d'audit. Ils regrettent de ne pas avoir pu consulter ces documents essentiels avant les réunions, ce qui, selon eux, empêche tout débat constructif.
Un groupe de dix-neuf conseillers métropolitains, proches d'Éric Ciotti, candidat potentiel à la mairie et à la tête de la métropole, a publié une déclaration. Ils y affirment n'avoir « besoin d'aucun rapport pour se faire une idée de la réalité du bilan de Christian Estrosi ». Ils pointent du doigt « la hausse constante de la fiscalité corrélée à l'augmentation continue de la dette » comme preuves suffisantes de la situation financière.
« Les élus, comme les métropolitains, n’ont besoin d’aucun rapport pour se faire une idée de la réalité du bilan de Christian Estrosi. La hausse constante de la fiscalité corrélée à l’augmentation continue de la dette suffit », ont déclaré dix-neuf conseillers métropolitains.
Cette déclaration souligne une fracture politique profonde autour de la gestion des finances publiques locales. Le coût de ces audits, financés par l'argent public, est également une source de mécontentement pour les opposants.
Un Calendrier Suspect à l'Approche des Élections
Le moment choisi pour la restitution de ces audits est un autre point de discorde majeur. Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars prochains, soit dans quelques mois. L'opposition y voit une tentative de promotion de la gestion actuelle des collectivités.
Contexte Électoral
L'article L52-1 du Code électoral interdit toute campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d'une collectivité six mois avant des élections. Cette disposition vise à garantir l'équité entre les candidats.
Jean-Christophe Picard, un élu d'opposition écologiste, a pris l'initiative d'écrire au préfet des Alpes-Maritimes. Il demande l'annulation de ces rendez-vous, arguant qu'ils pourraient enfreindre le Code électoral. Il soulève la question de la nature exacte de ces réunions : sont-elles des commissions des finances, normalement fermées à la presse, ou des conférences de presse déguisées, utilisées à des fins de communication politique ?
Pour Jean-Christophe Picard, la convocation des médias par la Ville et la Métropole a pour objectif de « faire la promotion de leur gestion ». Il invite par ailleurs les citoyens à consulter les chiffres de la Direction générale des finances publiques pour se forger une opinion objective sur l'état des comptes des deux collectivités.
Réactions et Perspectives
À ce jour, la préfecture des Alpes-Maritimes n'a pas communiqué sa position sur la demande de Jean-Christophe Picard. L'issue de cette polémique pourrait avoir des répercussions significatives sur le débat public et la campagne électorale à venir.
La transparence des finances publiques reste un enjeu central pour les citoyens. Ces audits, bien que commandités pour éclairer la situation, semblent davantage alimenter les tensions politiques que rassurer sur la gestion des deniers publics à Nice et au sein de sa métropole.
Les prochains jours seront déterminants pour observer si ces réunions se tiendront comme prévu et quelles seront les réactions des différentes parties prenantes après la présentation des résultats.





