Après plus de trois ans d'incertitude, le projet immobilier Avant-Scène, situé dans le quartier du Grand Arénas à Nice, voit enfin une issue se dessiner. Une décision de justice cruciale vient de condamner l'assureur du projet à financer l'intégralité des travaux de réparation, estimés à 56 millions d'euros, permettant d'envisager une reprise imminente du chantier, à l'arrêt depuis 2022 suite à un affaissement de la structure.
Points Clés
- Une décision de justice ordonne à l'assureur de financer 56 millions d'euros de travaux de réparation.
- Le chantier de l'Avant-Scène, stoppé depuis 2022 en raison d'un affaissement, va pouvoir reprendre.
- Plus de 600 acquéreurs sont concernés par un retard de livraison qui atteindra près de cinq ans.
- La solution technique implique l'installation d'une centaine de micropieux pour stabiliser les fondations.
Un chantier colossal à l'arrêt depuis trois ans
Pour les centaines d'investisseurs et futurs résidents, l'attente a été longue et éprouvante. Le projet Avant-Scène, un complexe immobilier de 36 000 mètres carrés, devait être livré fin 2023. Mais en 2022, le chantier s'est brutalement arrêté. La cause : un affaissement de l'aile est du bâtiment, qui s'est littéralement enfoncée dans le sol.
Depuis lors, le site est figé, laissant plus de 600 familles dans l'incertitude. Ammar, un retraité qui a investi dans un appartement sur plan, exprime le sentiment général : il attend désormais « la date de remise des clés » pour enfin « dormir tranquille ». Ce sentiment est partagé par tous ceux qui ont vu leur projet de vie suspendu à des expertises techniques et des batailles juridiques.
Le quartier du Grand Arénas
Le projet Avant-Scène est une pièce maîtresse du nouveau quartier d'affaires international du Grand Arénas, situé à proximité de l'aéroport Nice Côte d'Azur. Ce secteur en pleine transformation vise à devenir un pôle économique majeur, mêlant bureaux, logements, hôtels et commerces. L'arrêt d'un chantier de cette envergure a donc représenté un coup dur pour le développement de la zone.
La bataille judiciaire débloque la situation
Une fois le problème de subsidence identifié, un expert judiciaire a été mandaté pour trouver une solution technique viable. Cependant, le financement de cette solution est rapidement devenu le principal point de blocage. L'indemnisation proposée par l'assureur au promoteur, le groupe Quartus, était jugée largement insuffisante pour couvrir le coût des réparations nécessaires.
Refusant de relancer les travaux sans une garantie financière complète, Quartus a engagé une procédure judiciaire contre son assurance tout risque chantier. Le 18 novembre dernier, le tribunal a rendu sa décision, donnant raison au promoteur.
« Les juges ont condamné notre assureur à verser l’intégralité du financement de la solution réparatoire », a confirmé François Hillmeyer, directeur général adjoint du groupe Quartus.
Cette décision est assortie de l'exécution provisoire, ce qui signifie que l'assureur doit verser les fonds sans attendre un éventuel appel. Cette victoire juridique représente le tournant décisif que tous les acteurs du dossier attendaient.
Une solution technique à 56 millions d'euros
Le montant en jeu est considérable. Selon les informations recueillies, le coût pour remettre le bâtiment à flot et garantir sa stabilité s'élèverait à près de 56 millions d'euros. La complexité des travaux justifie cette somme importante.
Des fondations renforcées par micropieux
La solution préconisée par l'expert judiciaire consiste à renforcer les fondations de l'édifice. Pour ce faire, une opération technique de grande ampleur est prévue :
- Implantation d'une centaine de micropieux sous la structure existante.
- Ces tiges d'acier, d'un diamètre de 30 à 40 centimètres, seront enfoncées à une profondeur de 25 à 45 mètres.
- Leur rôle sera d'ancrer solidement le bâtiment dans un sol stable et de prévenir tout nouveau mouvement.
Cette intervention de génie civil est la seule capable de garantir la pérennité de l'Avant-Scène et la sécurité de ses futurs occupants.
Qu'est-ce qu'un micropieu ?
Un micropieu est un type de fondation profonde utilisé pour renforcer les sols ou les structures existantes. Il permet de transférer les charges d'un bâtiment vers des couches de sol plus résistantes, situées en profondeur. C'est une technique couramment employée dans les situations de sols instables ou pour la réparation d'ouvrages.
Quel calendrier pour la suite ?
Suite à la décision de justice, le promoteur Quartus a rapidement informé ses clients de cette avancée majeure. Tout en restant prudent, la direction espère une reprise des travaux avant la fin de l'année.
Cependant, le chemin est encore long. Dans une communication antérieure, le promoteur estimait la durée des travaux de réparation et d'achèvement du projet entre 18 et 20 mois. Si le chantier redémarre début 2026, la livraison finale pourrait n'intervenir qu'à la mi-2027, soit un retard cumulé de près de cinq ans par rapport au calendrier initial.
Ce retard considérable constitue un préjudice important pour les acquéreurs et pour le promoteur lui-même. L'expertise judiciaire se poursuit pour déterminer les responsabilités exactes dans ce fiasco technique. Une fois ces responsabilités établies, il est très probable que des actions en justice pour obtenir des réparations financières soient engagées par les différentes parties lésées.





